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“Faire pâturer un grand troupeau, c’est possible”

Les rendez-vous de l'herbe

Tanguy Baudet et ses associés produisent 850 000 L de lait en misant au maximum sur l’herbe. Grâce à des équipements adaptés et à une stratégie bien définie, ils conduisent 130 vaches au pâturage avec à la clé un coût alimentaire réduit.

Suite à une première installation en individuel sur 33 ha en système herbager, Tanguy Baudet a rejoint ses parents et son frère Vincent en 2012 pour créer un Gaec familial à Hénansal (22), dans la Baie de Saint-Brieuc. L’exploitation compte 155 ha, 130 vaches laitières, 10 vaches allaitantes pour valoriser des prairies humides et un atelier porc naisseur engraisseur de 90 truies. « On diminue l’atelier porc et on va même arrêter la partie naissage en fin d’année 2019 avec la retraite de ma mère », explique l’éleveur de 38 ans.

Se concentrer sur le lait

« Avec mon frère, l’objectif est de se concentrer sur le lait en produisant au moindre coût et en simplifiant le travail ». Cette conception de l’élevage laitier, Tanguy l’a ramenée d’un voyage en Nouvelle-Zélande dont il a gardé une idée simple : « Conduire un grand troupeau à l’herbe, c’est tout à fait faisable, il suffit de bien s’équiper en chemins et en paddocks ».

1,1 km de chemins empierrés

« Pour faire pâturer nos 130 vaches, on a empierré 600 mètres de chemins auxquels s’ajoutent 500 mètres de chemins de remembrement et 450 mètres de passages en terre qui ne servent qu’à partir de juillet ». Grâce à ces aménagements, les 38 ha d’herbe accessibles aux vaches en lactation sont bien exploités tout au long de l’année. Cette organisation du parcellaire permet de sortir les vaches 10 mois sur 12 et de fermer le silo 2 mois et demi au printemps. « C’est important pour nous car on sait que le lait produit au printemps coûte beaucoup moins cher que le lait d’hiver ». Et pour en profiter au maximum, les éleveurs évitent d’avoir des vaches taries au printemps.
« Chez nous, le rendement en herbe est plus régulier que les rendements en maïs et en céréales, il se situe à 8 t MS / ha en moyenne, c’est une raison supplémentaire de miser sur l’herbe ». Le maïs ensilage est surtout considéré comme un complément du pâturage, sauf pendant 2 mois d’hiver où la ration est composée de 12 kg MS de maïs ensilage, 3 kg MS d’enrubannage et 2,5 kg de correcteur azoté.

45 € / 1 000 L de coût alimentaire

En ce moment, les vaches produisent 25 kg de lait par jour avec un TB de 43,3 g/L et un TP de 31,4 g / L. « Au global, les vaches ne consomment que 430 kg de correcteur azoté par an », ­ précise Tanguy qui cite un coût alimentaire de 45 €/1 000 L. Pour l’heure, les vaches sont en stabulation ; Tanguy et Vincent espèrent pouvoir commencer le déprimage autour du 15 février.

Cedapa : 02 96 74 75 50

Le déprimage, étape-clé
Mettre les vaches  à l’herbe dès que  le sol porte.
Mettre les vaches à l’herbe dès que le sol porte.

L’étape du déprimage est indispensable pour débuter la saison. Il permet d’induire une pousse d’herbe de qualité et de nettoyer l’herbe d’hiver. Ce 1er tour de pâturage est également bénéfique au niveau économique : le peu d’herbe consommée est autant de stock de fourrages et de concentrés azotés économisés. Dès que la portance le permet, débuter le déprimage mais en suivant quelques règles :
• Faire pâturer dans des paddocks déjà en place créera un décalage de pousse d’herbe et facilitera la gestion lors de la pleine pousse au printemps.
• Tout paddock entamé doit être terminé, bien rasé pour éviter les refus aux tours suivants.
• Essayer de passer dans toutes les parcelles avant la pleine pousse. Il faut alors ajuster la date de mise à l’herbe et la quantité distribuée à l’auge. Et n’oubliez pas de noter toutes ces dates dans le planning de pâturage ou le patur’agenda 2019.

En zone humide

A mi-chemin entre la baie de Douarnenez et Quimper, je suis installé avec ma compagne depuis 2011. Nous élevons un troupeau de vaches limousine et un troupeau de brebis des landes de Bretagne sur 62 ha. Notre ferme familiale est en AB depuis 2001. Nous cultivons 8 et 10 ha de mélanges céréaliers, et le reste de la surface est en prairies temporaires et en prairies permanentes et humides. Les animaux ont accès à 52 ha pour le pâturage. Un îlot de 5 à 6 ha est uniquement réservé aux moutons. Aujourd’hui, tous les animaux sont en bâtiment, les mises bas ayant commencé pour les brebis et pour les vaches. Ces dernières vont commencer le déprimage dès la semaine prochaine. Civam 29 : 02 98 81 43 94
Antoine LE CORRE, Plogonnec (29)

En zone humide

J’élève 45 Prim’Holstein croisées (brune en majorité) pour produire 225 000 L sur 48 ha de SAU : 1,5 ha de maïs ensilage, 3,2 ha de méteil grain et 43,3 ha d’herbe (dont 37 ha accessibles). Pour l’instant c’est trop mouillé pour sortir les vaches, je fais le déprimage en général la 1ere quinzaine de mars. En ration d’hiver les VL reçoivent : 4 kg de maïs ensilage, 1 kg de féverole aplatie et 10 kg d’enrubannage très sec (prévu en foin, j’ai dû ensiler car la pluie arrivait). L’hiver, mon but est de maintenir les VL à 18 kg de lait (TB=39,5 ; TP=28,4 en janvier). J’ai encore assez de stocks pour tenir en ration d’hiver jusqu’à fin mars-début avril. CIVAM AD 56 : 06 83 60 88 61Stéphane Henry, Cléguerec (56)

En zone intermédiaire/séchante

Ma ferme se situe au sud de l’Ille-et-Vilaine sur le bassin versant du Semnon. J’élève 33 Prim Holstein et
Normandes en bio. J’ai 50 ha de SAU dont 42 ha de prairies multi-espèces (avec 40 ha accessibles dont 15 ha grâce au boviduc). J’ai semé 2 ha de mélange céréalier moissonné (féveroles – épeautres – avoine) et 6 ha de maïs qui sera en partie ensilé ou moissonné. Mes vaches produisent actuellement 15 kg/j pour un mois moyen de lactation de 7,8 (TB : 40, TP : 30). Je leur distribue 13 kg de MS d’ensilage d’herbe et de maïs (2/3 d’herbe et 1/3 de maïs), 1 kg de foin et 1,5 kg de mélange céréalier (épeautre et féveroles).
Adage : 02 99 77 09 56 Christophe GENDRON, Lalleu(35)

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