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« En anticipant, notre système herbager a fonctionné cet été »

Les rendez-vous de l'herbe

Au Gaec de Langren, en fauchant tôt, en réduisant la taille du troupeau et en faisant du stock sur pied pour allonger le cycle de pâturage, les éleveurs ont pu faire face à l’été sec.

En cette fin septembre, les vaches de Mathieu et Soizic Le Fustec, à Plouaret (22), sont toujours en pâturage plat unique et cette ration devrait se prolonger jusqu’à début octobre. Elles produisent actuellement environ 16 L de lait par jour à 42/32. Malgré un été peu arrosé, les éleveurs ont maintenu leur stratégie, en donnant priorité au pâturage et aux stocks sur pied. Ils ont ainsi adapté la surface fauchée au mois d’août, en fonction de l’herbe disponible, ce qui a conduit à faucher 14 ha au lieu des 20 ha initialement prévus. De plus, au fur et à mesure que la pousse a décru au cours de l’été, les parcelles fauchées au printemps ont été réintégrées dans le tour de pâturage. D’autre part, au vu des conditions météo du mois de juillet, ils ont décidé de vendre 9 vaches pour réduire les besoins du troupeau et ne pas risquer de manquer de fourrage.

Enfin, les génisses et les vaches taries sont emmenées sur des pâtures qui ne sont pas accessibles au troupeau laitier. En acceptant de les emmener loin, les vaches en lactation profitent pleinement de la surface accessible (80 ares / VL). Cette stratégie permet d’avoir un tour d’herbe de 8-9 semaines dans l’été pour atteindre jusqu’à 70 jours mi-septembre. Même si la pluie se fait attendre et que la densité de trèfle diminue dans les prairies, les vaches ont encore environ 20 jours en pâturage plat unique devant elles.

650 rounds en stocks

Cette année, les agriculteurs ont récolté 465 rounds de foin (40 de moins qu’en 2017), auxquels s’ajoutent 100 rounds de report de stocks. 86 bottes d’enrubannage ont également été faites, ce qui correspond à environ un mois d’alimentation du troupeau pour l’hiver. Avant d’entamer l’automne, ils disposent donc de 650 rounds, de quoi envisager l’hiver sereinement, puisqu’ils estiment leurs besoins hivernaux à environ 450 rounds.

200 jours de pâturage plat unique au minimum

En général, les vaches sont en 100 % pâturage jusqu’à fin septembre/mi-octobre, ce qui est tout à fait envisageable cette année, surtout s’il pleut dans la quinzaine à venir. Le cas échéant, ils atteindront les 200 jours de pâturage plat unique cette année.

Ensuite, lorsque la pousse de l’herbe diminuera, afin de garder un temps de retour long, ils distribueront du foin, une fois par jour, après la traite du matin, avant de sortir les vaches. Puis ils rentreront progressivement le troupeau le jour ou la nuit selon l’herbe disponible. Pour complémenter le foin, 1 à 2 kg de céréales (3/4 épeautre + 1/4 avoine-pois) seront distribués à l’auge. Habituellement, les vaches sont jour et nuit en bâtiment du 15 décembre au 15 janvier et nourries à l’enrubannage pendant cette période. Après avoir laissé les prairies se reposer pendant l’hiver, le déprimage sera initié quand les terres seront assez portantes pour sortir les vaches, elles sortiront progressivement en février pour faire le tour de la surface accessible.

Cédapa : 02 96 74 75 50

Anticiper sa stratégie pour l’automne
Avant l'automne, c'est le moment idéal pour faire le bilan fourrager de l'atelier.
Avant l’automne, c’est le moment idéal pour faire le bilan fourrager de l’atelier.

La fin de l’été est le moment de faire un bilan fourrager : calculer ses stocks, les besoins du troupeau et les comparer. Cela est d’autant plus important cette année que la repousse d’automne est incertaine. Si la ferme dispose de stocks pour 6 mois, l’absence de pâturage d’automne sera peut-être moins pénalisante. Mais en système herbager, souvent les stocks sont moins importants pour limiter les coûts et aller chercher le maximum au pâturage. Dans ce cas, s’il n’y a pas de repousse, il faut se poser la question : est-il plus rentable de distribuer une ration d’entretien peu coûteuse (quitte à produire moins) ou cela vaut-il le coup d’acheter une ration qui fasse davantage produire les vaches ? Plus de lait ne veut pas forcément dire plus de valeur ajoutée. Calculer ses coûts avant de déterminer sa stratégie est donc essentiel pour bien passer cet automne.

En zone humide

La fin de l’été est toujours sèche à Guerlesquin. Il n’y a plus d’herbe pour les vaches laitières, ni les génisses. L’ensemble du cheptel est donc alimenté en foin. Les vaches en production reçoivent en plus 1,5 kg d’orge aplatie. La production laitière est à 16,3 L/ VL, avec un TB à 41 et un TP à 33,5 g/kg. Il reste 13 vêlages à venir. Les fauches sont terminées et il y a 3,5 t MS/ vache laitière dans le séchoir et environ 3,5 t/ UGB génisse. Les stocks sont donc constitués pour passer l’hiver. Les prairies reverdissent avec la pluie de la fin de semaine dernière et devraient nous permettre de pâturer un peu cet automne.
Civam 29 : 02 98 81 43 94Pierre Queniat, Guerlesquin (29)

En zone intermédiaire

Sans pluie, l’herbe ne pousse plus. Les 124 vaches traites produisent 18,5 L/ VL/j et le TP est remonté à 30. Elles reçoivent 4 kg d’affouragement en vert, 9 kg d’ensilage d’herbe, 2 kg de foin et 1,5 kg d’orge. Le pâturage ne représente plus qu’1 kg MS/j. « Nous mangeons la sécurité que nous avions avant l’été grâce à un report de stock d’ensilage d’herbe. » Les génisses pleines sont au pâturage. Tandis que celles à inséminer ont moitié pâturage et moitié foin. Les taries ont de l’enrubannage de faible qualité. 12 ha de prairies restent à ensiler. D’ici un mois, le maïs sera récolté en épi pour compléter l’ensilage d’herbe cet hiver.
Civam AD 56 : 07 85 26 03 02Frédéric Maray, La Croix-Helléan (56)

En zone intermédiaire

L’herbe ne pousse plus. La ration depuis mi-août comprend 12 kg d’ensilage de méteil, 2,5 kg de luzerne/trèfle déshydraté et 1 kg d’épeautre/féverole aplati. Les vaches restent 2 jours par paddock mais elles ne doivent pâturer qu’1 ou 2 kg. Je maintiens un temps de retour de 60 jours pour ne pas abîmer les prairies s’il y a une repousse d’automne. Les vaches sont à 15 kg (TP 32 ; TB 38). Je passe en bio au 15 novembre : d’ici là, je préfère garder une ration avec une valeur moyenne mais peu coûteuse qui permet juste de maintenir les vaches en état. Je miserai sur une ration plus productive quand je toucherai le prix du lait bio.
Adage 35 : 02 99 77 09 56Christophe Mellier, Essé (35)

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