À l’été 2025, la récolte record annoncée en pomme de terre de consommation en France et dans le nord de l’Europe a fait pression en premier lieu sur le segment de la primeur. Les augmentations de surfaces sur deux ans ont saturé tous les marchés mettant aussi en difficulté la production de plants.
À l’automne, le chou-fleur est à la peine face à une précocité de production et un afflux massif de marchandises. La filière communique, incite les consommateurs à soutenir les producteurs. Même si le prix remonte tardivement au printemps, par manque de production dans le sud de l’Europe, la campagne reste décevante.
Le poireau est à son tour mis à l’honneur des linéaires face à une offre abondante. Difficile d’avoir la bonne adéquation entre la production et la consommation. L’hiver doux n’a pas encouragé la consommation de légumes « d’hiver ». Pour l’échalote, la chute est sévère. Les volumes ont du mal à s’écouler même à prix bas. Compliqué ces derniers mois de trouver un légume qui « sauve » les autres. Les marges reculent pour l’ensemble de la gamme.
Répartir le risque et adapter la gamme
Face aux aléas, étaler la production sur la saison, diversifier la gamme restent des leviers pour répartir le risque. La main-d’œuvre, facteur souvent limitant guide de plus en plus les choix d’assolement vers des cultures plus mécanisables. Au-delà de ce défi majeur, les exploitants cherchent à adapter leurs systèmes au changement climatique et à l’évolution de la demande des consommateurs. Cela nécessite toujours plus de technicité pour produire de nouvelles cultures, adapter les conduites, nécessite aussi souvent de nouveaux investissements.
Si la conjoncture s’est assombrie ces derniers mois, cette période plus difficile ne doit pas occulter la dynamique précédente. Elle fait en effet suite à trois années globalement favorables. Assurer une rentabilité pour les exploitations légumières est une nécessité pour qu’elles puissent s’adapter au changement, investir et attirer la jeune génération.
Véronique Kerlidou / Cerfrance Bretagne
Relance fragile pour le bio
Le bio retrouve des couleurs. Déjà vecteur de la croissance de la consommation du bio en 2024, le secteur des fruits et légumes dope les chiffres en 2025 : + 6,9 % pour les légumes quand le marché du bio fait + 3,6 % sur l’ensemble des produits alimentaires (source : Agence bio). Dans un contexte à nouveau inflationniste, l’arbitrage du prix risque de fragiliser cette relance.Pour transformer l’essai, les distributeurs doivent ajuster leur niveau de marges pour une répartition équitable de la valeur et une juste rémunération des producteurs.

