Depuis leur installation, à Arzano (29), en 2005, l’exploitation est passée de 545 000 L de lait sur 130 ha à un outil visant 2,82 millions de litres, avec 288 ha de SAU et 6 UTH, dont 2 chefs d’exploitation.
Le tournant s’est fait en 2017, avec la reprise d’une exploitation voisine, puis en 2020 avec la construction d’un nouveau bâtiment laitier, d’une nurserie, d’une fosse et d’une fumière. « Construire un bâtiment, cela ne se fait pas avec le premier plan venu », résume Jacques Valégant. Le Gaec a donc visité, comparé, réfléchi. Le résultat est un bâtiment de 240 places, équipé de 4 robots de traite, pensé pour être compact, lumineux et fonctionnel. « Les mètres carrés superflus, je n’en voulais pas », explique l’éleveur.
L’ambiance du bâtiment a été particulièrement travaillée : rideaux sur les deux longs-pans, dôme translucide anti-UV et grands ventilateurs à pales. L’ensemble est lumineux et respirant.



Conduite en deux lots homogènes
La particularité de la conduite tient à l’organisation en deux lots de vaches installés de part et d’autre d’un couloir d’alimentation central. « L’objectif n’est pas de séparer les primipares des multipares, mais d’équilibrer les groupes et surtout les litres produits par robot », explique l’éleveur dans le cadre de la porte ouverte Innov’action organisée par la Chambre d’agriculture.
La performance laitière est au rendez-vous. Sur l’exercice 2025, le Gaec affiche 255 vaches laitières présentes, 2,611 millions de litres vendus et 10 250 L/VL. Le prix du lait atteint 487 €/1 000 L, avec un coût alimentaire contenu à 147 €/1 000 L. La marge sur coût alimentaire ressort à 340 €/1 000 L et la marge brute lait à 353 €/1 000 L, soit 72 % du prix du lait.
Les mètres carrés superflus, je n’en voulais pas
Cette efficacité passe par une ration maîtrisée. En avril 2026, la ration distribuée aux vaches permettait 38 L de lait livré/VL/jour. À la mélangeuse, elle reposait sur 63 % d’ensilage de maïs, 26 % d’ensilage d’herbe et 12 % de maïs épi, complétés par du tourteau de soja, de la farine de maïs, des minéraux et de la méthionine. Aux robots, les apports sont ajustés avec du tourteau de soja et de l’orge granulée. L’exploitation produit 100 % de ses fourrages et environ 40 % de ses concentrés. Les produits achetés représentent 19 % de la ration des vaches laitières en kg MS. Pour Sandrine et Jacques Valégant, la conduite alimentaire doit d’abord sécuriser la marge. « Disposer de fourrages de qualité et maîtriser le coût de la ration » reste le fil conducteur.
Gestion des coups de chaud
Depuis sa mise en service, le bâtiment a évolué. La ventilation, installée depuis l’an dernier, a changé la gestion des coups de chaud. Avant, les éleveurs pouvaient perdre « jusqu’à 5 L de lait par vache lors des coups de chaleur », voire davantage lors d’épisodes extrêmes. Avec les ventilateurs régulés, la chute a été beaucoup plus limitée : 1,5 kg lors de l’épisode de chaleur de mai.
Des tapis rainurés, raclés par robot, ont aussi été installés pour sécuriser la locomotion. « Si j’avais un bâtiment neuf à refaire, je les mettrais tout de suite », annonce Jacques Valégant. Moins de glissades, moins de vaches perdues : le confort compte autant pour les animaux que pour les éleveurs.
De quoi aussi préparer l’avenir. Alexis, leur fils, regarde aujourd’hui cette ferme modernisée « avec intérêt ». Pensé pour gagner en confort, en efficacité et en qualité de travail, « l’outil a de quoi donner envie de s’y projeter », dit-il.
Didier Le Du
Le travail pensé comme un atelier à part entière
Au Gaec du Coadic, le temps de travail est piloté comme un atelier à part entière. Avec 6 UTH, l’exploitation totalise 12 063 h/an, dont 7 179 h pour le lait. La journée démarre par un tour du troupeau à 7 h 30, puis s’organise de 8 h à 18 h, avec pause méridienne. Les week-ends sont assurés en binôme, un sur trois, du vendredi soir au lundi matin. Les chantiers lourds sont en partie délégués à l’ETA. La prise de congés fait partie de l’organisation : Sandrine et Jacques Valégant s’accordent 4 à 5 semaines par an.

