Plus de précision pour piloter sa culture

La plateforme d’essais d’Eureden de Maël-Carhaix (22) a observé le comportement de nouvelles variétés, mais a aussi servi à mesurer l’effet d’une nouvelle OAD pour un pilotage fin de la nutrition azotée.

Des personnes dans un champ de blé - Illustration Plus de précision pour piloter sa culture
De gauche à droite : Dany Rochefort, président d'Eureden, Léa Enters et Olivier Michel (pôle agronomie),
 Nicolas Jan, agriculteur et Mathieu Ortolan de chez Airbus. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Des essais en productions végétales sont conduits au Gaec de Kermarquer « depuis près de 20 ans. L’exploitation compte 180 ha, 55 vaches laitières et 35 mères allaitantes. Dans la rotation, nous avons beaucoup de céréales à paille, mais aussi du colza, du maïs, des petits pois, des haricots, des potirons et des potimarrons », présentait Nicolas Jan, lors de la journée « Les Rencontres Végétales » organisée par Eureden. Sept ateliers étaient proposés aux visiteurs, en s’appuyant sur des essais au champ expliqués par les experts du pôle agronomique de la coopérative. Impact des couverts végétaux, bonnes pratiques de semis, stratégie face aux maladies ou encore désherbage dans un contexte de graminées résistantes faisaient partie des thématiques abordées. Les ray-grass résistants : « Ce sujet devenu prégnant couvre globalement toute la Bretagne. On ne peut plus miser aujourd’hui uniquement sur la chimie, il faut actionner des leviers comme la rotation, les couverts, le labour occasionnel », détaillait Philippe Lecuyer, responsable du pôle agronomie et développement. « On est à un moment charnière pour lutter contre ces ray-grass. Les messages sont à passer maintenant ». En pleine récolte des céréales, le nettoyage des moissonneuses est aussi une des actions possibles pour éviter la diffusion des graines.

La force de la génétique

Dans les axes de recherche menés par la coopérative, la génétique. « Le levier variétal est le meilleur moyen pour trouver des variétés plus tolérantes ». Anna Desriac, chargée d’expérimentations agronomiques, compare les rendements de blés cultivés dans les années 80 à des variétés modernes, implantées l’année dernière. Quand une céréale affichait 100 q de rendement il y a 45 ans, on arrive à produire 117 q/ha aujourd’hui.

La nuisibilité des maladies baisse grâce aux variétés plus tolérantes

Aussi, la nuisibilité des maladies se fait moins sentir : sur des témoins non protégés par une pulvérisation de fongicide, on perdait « 25 q en moyenne dans les années 80. Cette nuisibilité a été en 2025 de 13 q. Nous constatons qu’il y a également désormais beaucoup plus de régularité dans le comportement des variétés ».

Fanch Paranthoën

Toujours couvrir les besoins en azote

Grâce à un outil développé par Arvalis et Airbus, une nouvelle approche de la fertilisation azotée des céréales est possible. Avec CHN, outil d’aide à la décision destiné à mieux fertiliser, « on prend en compte les flux de carbone, d’eau et d’azote dans le sol, en observant la biomasse aérienne. L’objectif est de couvrir les apports azotés jusqu’au stade suivant de la culture, avec des apports minéraux ou organiques », indique Léa Enters, du pôle agronomie. Le fractionnement en 4 apports peut être conseillé avec cet outil : à mi-tallage, au stade épi 1 cm, à 2 nœuds et à la dernière feuille étalée. « L’intérêt de CHN est encore plus fort quand la fertilisation est mixte (organique et minéral), car les apports d’azote peuvent aller du simple au double. L’outil peut conseiller des impasses, par exemple au tallage », précise Olivier Michel, ingénieur agronome. Et ce pilotage précis a des effets, estimés à 1,5 q de plus, un gain du taux de protéine de 1,2 point.


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