Moins de production faute de main-d’œuvre

Le Gaec des Brebis, à Belle-île, transforme 18 000 litres de lait par an. Depuis 4 ans, la production a baissé et la gamme a évolué pour s’adapter au manque de main-d’œuvre qualifiée.

UN COUPLE DANS UN CHAMP - Illustration Moins de production faute de main-d’œuvre
Nathalie Nette et Jean-Marc Guégan

Ils étaient quatre équivalents temps plein en 2022 pour transformer plus de 20 000 litres de lait. Aujourd’hui, Nathalie Nette et Jean-Marc Guégan, les deux associés du Gaec des brebis, élèvent seuls leurs 170 brebis Lacaune et transforment 18 000 litres dans l’année, à Bangor. « Nous faisons près d’une centaine d’heures chacun par semaine, de mars à octobre », indiquent les éleveurs. Les déconvenues avec des salariés ou les exigences parfois étonnantes de certains candidats aux postes proposés les ont incités à réorganiser leur entreprise, pour s’en passer. « Nous avons diminué un peu la production. En parallèle, nous fabriquons plus de fromages de type tomme et moins de yaourts. Nous ne faisons plus que trois marchés au lieu de six et nous avons diminué les livraisons en GMS. Nous avons ouvert une vente à la ferme, pour compenser ». Le rythme de travail est soutenu, jusqu’en fin d’année. « On souffle au mois de novembre même s’il y a toujours un peu d’astreinte, liée à l’élevage. On prend quelques jours de vacances en décembre en recourant au service de remplacement (Sérémor) ».

Diverses animations à la ferme

La transformation du lait est chronophage. Fromages frais ou affinés, tommes et yaourts sont vendus à la ferme trois jours par semaine, sur trois marchés de l’île et dans un point de vente collectif à Palais, ouvert récemment par des producteurs et des artisans. Quelques restaurants et GMS font partie de la clientèle. Nathalie et Jean-Marc sont les seuls éleveurs de brebis laitières sur Belle-Île. Pour autant, « on ne sent pas seuls », assurent-ils. « Nous avons des contacts réguliers avec la Chambre d’agriculture, avec l’office de tourisme ».

Cet été, nous allons organiser des goûters à la ferme

Trois portes ouvertes ont été organisées pendant les vacances de Pâques. Une trentaine de visiteurs à chacune d’entre elles. « Cet été, nous allons organiser des goûters à la ferme. Il nous faut encore aménager un peu les abords pour accueillir les touristes ». Des animations qui permettent d’augmenter les ventes de fromages, en direct, à la ferme. « C’est aussi un moyen de recréer du lien avec le grand public qui est de plus en plus éloigné des réalités de la vie à la campagne ». Dès l’automne prochain, les deux passionnés projettent de créer un nouvel événement sur la ferme, « ce n’est pas encore très précis, mais ça se précise ». Une preuve supplémentaire de leur volonté de partager.

Bernard Laurent

Un troupeau venu de l’Aveyron

En 2017, Nathalie Nette et Jean-Marc Guégan accueillaient leurs premières brebis laitières dans leur ferme de Bangor. Quatre-vingt-dix brebis de la race Lacaune, venues de l’Aveyron. Certaines d’entre elles prennent une retraite bien méritée dans le parc de la résidence des anciens de Belle-île. « C’est mon premier troupeau, je ne pouvais pas m’en séparer », confie Nathalie. Jean-Marc Guégan élevait auparavant deux cent cinquante brebis de race locale pour la production bouchère.

Du millet en période estivale

Les 170 brebis sont élevées sur 81 hectares de SAU, essentiellement en prairies. « Nous implantons 4 hectares de millet, au rendement correct, pâturé en été ». La pousse de l’herbe est alors au point mort. « En moyenne, le rendement des prairies est inférieur à 3 tonnes de matière sèche à l’hectare ». Les rations sont complémentées, en période de lactation, de mars à fin octobre, avec des céréales achetées chez un voisin et avec des bouchons de luzerne importées du continent. Deux béliers sont achetés tous les deux ans (7 présents en permanence).Les agnelages ont lieu de fin février à la fin avril. Les petits mâles prennent la direction du continent où ils intègrent la filière d’engraissement de Terrena. Les brebis sont traites dans une 2 x 8 postes et produisent jusqu’à 3 litres au pic de lactation. Elles rentrent tous les soirs dans un bâtiment de 790 m2. En fin de carrière, elles sont abattues à l’abattoir intercommunal de Belle-île et les carcasses sont transformées en terrines, rillettes et plats cuisinés à l’Esat de Carentoir.Le matériel se limite à quelques outils de fenaison et de travaux de culture. Les investissements d’équipement concernent essentiellement le laboratoire, là où se joue la rentabilité de l’entreprise.


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