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Le soja se développera-t-il au nord de la Loire ?

Des variétés très précoces seront peut-être la solution à l’avenir pour permettre le développement de la culture de soja en Bretagne.

Actuellement près de 40 000 ha de soja sont cultivés en France, essentiellement en Aquitaine, Midi-Pyrénées, en Bourgogne et Rhône-Alpes. Les variétés autorisées en France sont toutes non OGM et les trois quart de la production sont utilisés pour l’alimentation des animaux, souvent dans des filières tracées. Un quart de la production est destiné à l’alimentation humaine. Dans le quart nord-ouest, le soja est principalement cultivé dans les départements situés au sud de la Loire. Plus près de chez nous, quelques dizaines d’hectares de soja sont cultivés en Loire-Atlantique et Maine-et-Loire. Et les contraintes étant bien réelles, seules quelques mises en culture sont tentées ponctuellement dans certains départements bretons. Le Cetiom travaille sur la mise à jour des références sur cette culture pour affiner la faisabilité du soja sur la façade Atlantique.

Plante à cycle déterminé

Les variétés de soja cultivées en France sont dites à croissance indéterminée. Après une phase végétative, de la levée jusqu’à l’émergence de 3 à 5 feuilles, la floraison débute. L’émergence de nouvelles feuilles est alors concomitante avec l’apparition de nouvelles fleurs, leur nouaison, le remplissage des gousses, le grossissement et la maturation des graines. Cette particularité est un atout pour passer outre les incidents climatiques durant toute la période de culture, de mai à septembre.

Une adaptation variétale nécessaire

L’aire de culture possible du soja peut être définie à partir des sommes de températures disponibles (base 6°C) à partir de la date de semis la plus précoce possible, dès que le sol est ressuyé, avec une température supérieure à 10°C au niveau du lit de semence, pour une récolte fixée fin septembre. Les variétés de soja précoces du groupe 00 ont des besoins en températures de 1 500-1 550°, comparables aux besoins des variétés de maïs de la série demi-précoce SC. Au Sud de la Loire, le semis est possible à partir de la mi-avril, l’offre climatique permet de cultiver ces variétés de type 00. Plus au nord, les semis plus tardifs, à partir de fin avril ; et les sommes de températures moins élevées limitent l’utilisation de ces variétés par le risque de non récolte. En effet, les études climatiques fréquentielles du Cetiom ont montré que pour un semis à Rennes le 1er mai, la probabilité d’atteindre la maturité physiologique au 20 septembre est de 90 %, soit une récolte 9 années sur 10. Avec un semis au 11 mai, elle n’est plus que de 70 %.

Les groupes « très précoces », de type 000, ont  des besoins en température du semis à la récolte de 1 450°C, ce qui est comparable aux besoins thermiques des variétés précoces de maïs de la série SB. Ils pourraient intéresser les zones climatiques les plus chaudes de la Bretagne (façade maritime sud). Ces variétés risquent encore de manquer de précocité pour les autres  régions bretonnes. Les espoirs reposent donc sur un nouveau groupe 0000, dont l’indice est en cours de définition. A chaque changement de précocité, les essais ont prouvé un écart de 2 à 3 q/ha. Les futurs essais démontreront donc si le rendement est pénalisé avec des variétés à très forte précocité. Carole David

L’avis de Jean Raimbault, Cetiom

Pour cultiver du soja au nord de la Loire, le principal effort sera de déterminer le potentiel variétal et de voir comment ces variétés vont s’exprimer dans nos conditions climatiques. Outre la variété, l’itinéraire technique est à maîtriser. L’inoculation du soja est déterminante quant à la réussite de la culture. Elle couvrira 75 % des besoins en azote de la plante grâce à la symbiose. Cette dernière n’est cependant possible qu’avec la couverture des besoins en eau de la plante. La récolte, avec une barre de coupe au plus près de la surface du sol pour ramasser un maximum de gousses, s‘anticipe dès l’implantation en évitant toute irrégularité de surface. Enfin, la plante étant peu couvrante, les programmes de désherbage seront à affiner. Mais les produits de prélevée et postlevée permettent de nombreuses solutions avec de très bonnes efficacités sur les graminées et de nombreuses dicotylédones.

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