L’abattage à la ferme se précise

Les 25 adhérents de l’association AAlvie 56* travaillent sur le projet de l’abattage à la ferme. Un financement participatif est envisagé pour acquérir le matériel.

Une remorque de bétail - Illustration L’abattage à la ferme se précise
Un modèle de caisson existant.

Le projet avance. En 2025, les responsables de l’association morbihannaise ont noué des liens étroits avec la direction et les opérateurs de l’abattoir de Rostrenen. « Il n’y a pas d’école d’abattage. Nous devons apprendre à faire les gestes », indiquent les administrateurs. L’objectif est de créer un outil de formation, sous forme de vidéo. Des réunions ont été organisées avec les administrateurs de l’abattoir et les DDPP des Côtes-d’Armor et du Morbihan. Des contacts ont été pris avec BVB (Bretagne viande bio) et TVR, un organisme de découpe.

95 tonnes équivalent carcasse annoncées

Deux adhérents se sont déplacés dans l’Hérault, où les abattages ont débuté il y a plus d’un an. Leur association a aménagé un caisson mobile pour permettre la mise à mort à la ferme puis le transport des animaux vers un abattoir pour la suite des opérations. Ce projet a bénéficié de collaborations avec l’Inrae et avec un abattoir local pour mettre en route les premiers essais. « C’est un éleveur qui réalise la prestation, selon un planning défini à l’avance », indique Pierre Bouillet, coordinateur du projet, au Gab. Le système est étudié pour s’adapter aux bovins, aux ovins et aux porcs, avec un minimum de réglages.

Un projet proche des 100 000 euros

Dans le Morbihan, une simulation économique a été affinée en fin d’année. « Nous avons contacté la cinquantaine d’éleveurs qui gravitent autour du projet (au-delà des 25 adhérents actuels) pour connaître les volumes, la distance entre les fermes et les abattoirs de proximité (Rostrenen et de Vannes) ». Des devis ont été demandés à des carrossiers pour réaliser un caisson adapté. Coût de l’opération : 10 000 € pour l’étude puis 50 000 € environ pour la réalisation du caisson auxquels il faut ajouter le véhicule de traction. Un financement participatif est envisagé, en communiquant vers les agriculteurs et les consommateurs. En parallèle, l’association s’est rapprochée de celle de Loire-Atlantique qui travaille sur un projet identique pour trouver des convergences. La réussite du projet devrait dépendre des volumes à traiter dans les deux départements voisins. En Morbihan, 95 tonnes équivalent carcasse sont annoncées par les fermes adhérentes.

Bernard Laurent

*Abattage des animaux sur leur lieu de vie

Autorisée depuis 2023, dans l’UE

En France, la loi Égalim autorisait, depuis 2019, une expérimentation encadrée de dispositifs d’abattoirs mobiles ; les porteurs devant obtenir un agrément et respecter les règles d’hygiène et de traçabilité. La Commission de l’Union européenne autorise, depuis 2023, sous conditions, l’usage de caissons mobiles permettant l’étourdissement et la saignée à la ferme, la suite des opérations se faisant en abattoir agréé.


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