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Autonomie alimentaire : le lupin, alternative au soja

Se passer totalement de soja ? Un producteur finistérien est en passe de réussir son autonomie alimentaire grâce au lupin.

cout-production-lupinLa recherche en autonomie intéresse bon nombre de producteurs de lait. La forte dépendance en correcteurs azotés tels que le soja inquiète, modifie les coûts alimentaires des troupeaux dont les éleveurs sont dépendants d’un prix mondial, qui fluctue. À cela, s’ajoute une empreinte carbone considérable, la Bretagne n’étant pas encore une terre où la légumineuse exotique se plaît, faute de température nécessaire à sa croissance et à sa maturité.

Les protéagineux sont une piste explorée par beaucoup ; leurs valorisations à la ferme par toastage ou par extrusion en industrie les rendent comestibles pour les laitières, notamment pour la féverole. Le lupin, trop souvent oublié, dispose de qualités nutritives hors du commun, s’approchant même du soja sur certains critères comme les PDIE à plus de 220 g/kg brut ou les PDIN, mesurés à 248 g/kg brut.

1 ha de lupin pour 1 ha de maïs

Lundi 20 mars, Bernard Le Du, producteur de lait installé à Plogonnec (29), a démarré ses premiers semis de lupin blanc de printemps, une culture qui lui permet quasiment de se passer d’achat d’aliment, « de moins de 10 t/an », estime-t-il. Les 9,5 ha implantés cette année seront récoltés à la mi-septembre, puis passés au séchoir, avant d’être stockés en silo.

L’aplatissage est réalisé tous les jours, pour distribuer 3 kg de lupin par vache.
L’aplatissage est réalisé tous les jours, pour distribuer 3 kg de lupin par vache.

Pour la ration hivernale, les laitières sont nourries avec « 3 kg de graines de lupin aplaties à la ferme au fur et à mesure pour ne pas qu’elles rancissent. À cela viennent s’ajouter 13 kg MS de maïs, 1,5 kg de MS de betterave, 500 g de paille broyée et 200 g de minéraux (5-25-25) ». Seul investissement de l’exploitation : un aplatisseur à 3 rouleaux éclateurs, d’une valeur d’environ 700 €. Dès que possible, les pâtures sont exploitées. L’herbe est fauchée et ramassée à l’autochargeuse.

Elle est composée soit de RGA/trèfle blanc ou violet ou encore de dérobées de RGI/trèfle incarnat. Selon ses estimations, il faut « 1 ha de lupin pour équilibrer 1 ha de maïs, à raison d’un rendement en graine de la légumineuse de 30 q/ha ».

30 secondes à la bétonnière

Pour assurer le développement des nodosités sur le système racinaire de la légumineuse, le producteur « inocule les graines en les brassant avec une bactérie spécifique (Bradyrhizobium lupini) 30 secondes à 1 minute à la bétonnière. Le semis intervient sitôt après, avec un combiné qui positionne la semence à 4 cm environ. Dans la foulée, je désherbe par un passage de prélevée les jours suivant le semis », note le producteur. Ce dernier préfère de loin le lupin à d’autres protéagineux.

« La protection fongicide se résume à 1 seul passage, avec des molécules haut de gamme, en début floraison. À l’inverse, une féverole demande plusieurs interventions fongicide et/ou un insecticide ». Le choix d’une culture de printemps, avec un cycle plus court qu’une espèce type hiver, laisse moins de temps aux champignons pour faire de dégâts.

Répondre à la demande du consommateur
En choisissant l’autonomie alimentaire, le producteur finistérien diminue de plus de 10 € son coût alimentaire. Cerise sur le gâteau, il met le doigt sur une demande de plus en plus présente de la société, à savoir une traçabilité totale, un impact carbone très bas, et surtout « une filière non OGM qu’il reste à créer ».
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