« En 2009, nous avons été victimes d’une intrusion dans notre exploitation », raconte Fabrice Gouennou, l’un des associés de la SAS Ti Ar Menez, à Plougastel-Daoulas. « C’était clairement un acte de malveillance destiné à nuire à notre production. » L’exploitation produit chaque année environ 3 500 tonnes de tomates sous serre sur une surface de 9 hectares. « Je suis associé avec mes deux frères. En basse saison, nous employons un peu moins de cinquante personnes, mais lors des pics d’activité, nous montons à environ 140 salariés. » L’ensemble des fruits est vendu par la Coopérative maraîchère de l’Ouest.
Des caméras intelligentes
À la suite de cette intrusion, les frères Gouennou installent un premier système de vidéo-protection pour protéger les serres et leurs abords. « Ce système n’était pas assez performant », se souvient l’agriculteur. En 2024, ils optent pour une nouvelle solution proposée par TLB, la filiale sécurité de Groupama Loire Bretagne, spécialisée dans la protection des biens et des personnes. Au total, 18 caméras sont installées : huit à l’intérieur des bâtiments, et dix à l’extérieur. « Cette installation a nécessité le déploiement de 7 km de câbles », précise Jordan Prizé, responsable technique chez TLB. Boostées par l’intelligence artificielle, les caméras sont capables de distinguer un humain d’un animal ou d’un véhicule. « Cela permet d’éviter les alertes intempestives », ajoute-t-il. « Depuis 2016, nous avons constitué une importante base de données pour entraîner nos algorithmes. Les progrès récents de l’intelligence artificielle améliorent encore leur précision. »
Sécuriser le bois
La SAS Ti Ar Menez est équipée d’une chaudière à biomasse de 8 MW destinée à chauffer les serres. « Nous récupérons des déchets de bois provenant des environs », explique Fabrice Gouennou. « Il peut s’agir de bois issu de palettes, de vieux meubles ou encore d’industries. Chaque année, nous brûlons entre 8 000 et 10 000 tonnes de bois. » Une partie de la chaleur produite alimente également le magasin E.Leclerc voisin et trois autres serristes. Dans le hangar où est stocké le bois déchiqueté, la température fait l’objet d’une surveillance permanente. Braquée en continu sur le tas de bois, la caméra thermique alerte les associés dès que la température dépasse le seuil défini afin de détecter tout échauffement anormal. Le système sait aussi faire la différence entre un point chaud dans le tas de bois et la chaleur dégagée lors du passage de la chargeuse, par son moteur ou son système d’échappement.


Une solution modulable
Aujourd’hui, seule cette alerte liée à la température est activée sur l’exploitation, mais le système est entièrement paramétrable. « Nous pourrions en ajouter lors des périodes les plus sensibles de la production, notamment lorsque nous recevons les jeunes plants. » Pour Fabrice Gouennou, la vidéoprotection reste avant tout un outil de dissuasion. « En cas d’intrusion ou de vandalisme, nous pouvons consulter l’historique des images afin de comprendre ce qu’il s’est passé et, potentiellement, identifier les responsables. »
Alexis Jamet
Des solutions pour toutes les productions
« Nous intervenons dans tous les types d’élevage et de production », déclare Jordan Prizé. « Les motivations varient selon les exploitations : prévenir les intrusions, sécuriser les bâtiments, contrôler les accès des salariés grâce à des badges ou encore surveiller certains équipements. » En cas de détection d’un intrus pendant la nuit, le centre de télésurveillance analyse immédiatement les images, puis peut déclencher des alarmes sonores ou prévenir les autorités. Équipées de capteurs infrarouges, les caméras fonctionnent également dans l’obscurité. Leur résolution 4K permet en outre de vérifier à distance le bon fonctionnement d’un robot de traite, par exemple, sans avoir à se déplacer.
