Des fraises locales dans les cuisines collectives

Jean-Noël Le Montagner, producteur de petits fruits rouges à Rédéné, a fait visiter son entreprise à des acteurs de la restauration collective et commerciale, fin avril.

Un homme dans une serre de fraises suspendues - Illustration Des fraises locales dans les cuisines collectives
Jean-Noël Le Montagner, dans l’une de ses nouvelles serres.

Ty Fraise, l’entreprise créée en 1995 par Jean-Noël Le Montagner, propose une large gamme de variétés qui s’étale en production d’avril à octobre. Les 80 tonnes annuelles de Gariguette, Mara des bois ou encore Murano sont vendues, comme les framboises, cassis ou myrtilles, à 60 % en direct, dans les deux magasins de l’entreprise, situés à Rédéné (29), sur le site de production, et à Quéven (56). 40 % de la production est vendue à des grossistes, en GMS ou à des cuisines de collectivités : Ploemeur, Lorient, Lanester, Quimperlé…

60 % de ventes en direct, dans les deux magasins

« Les gens sont de plus en plus demandeurs de frais et de local. C’est dans l’air du temps. Plus que la loi Égalim, c’est ce qui nous permet de résister à la concurrence des fruits espagnols. Le prix n’est plus le seul critère d’achat », indique l’ancien salarié de Bigard, qui s’imaginait plutôt en producteur de fleurs, à l’origine.

Prévenir les problèmes sanitaires

L’entrepreneur a cessé la production au sol en 2002. Trop de contraintes, trop de maladies, une rotation nécessaire tous les quatre ans. « Je n’avais pas la place, mais, même en hors sol, je n’utilise que des traitements homologués en bio, surtout en préventif. Sous serre, moins on traite, mieux on se porte ». L’aération, grâce aux ouvertures automatisées, permet de maintenir de bonnes conditions sanitaires dans les multi-chapelles. « Depuis quelques années, on subit des attaques de mouches Suzukii drosophila qui pondent dans les fruits mûrs. Les traitements bio sont efficaces mais doivent être refaits tous les douze jours. C’est très chronophage ». Les bâches, au sol, limitent le désherbage. Deux forages, dont un en réserve, permettent d’irriguer en goutte à goutte : « Trois passages de 10 minutes tous les jours, et même la nuit en période de canicule ». Même si tout est automatisé, l’arrosage nécessite un suivi quotidien. La fertilisation NPK et oligoéléments passe par l’eau d’irrigation. La pollinisation est réalisée par des bourdons achetés dans le commerce qui, contrairement aux abeilles, « ne piquent pas ».

Une main-d’œuvre saisonnière étrangère

Huit personnes travaillent à temps plein sur l’exploitation, rejoints par une vingtaine de saisonniers au plus fort des cueillettes. « J’ai eu la chance d’embaucher des Cambodgiens au départ. Certains sont toujours présents, naturalisés Français et bien intégrés. Actuellement, c’est plus compliqué, avec des Bulgares qui retournent au pays parfois sans prévenir ». En pleine saison, 1,5 tonne de fraises sont récoltées quotidiennement. L’entreprise réalise aussi les livraisons tous les jours : en barquettes plastique pour les GMS et en cagettes en bois ou en carton pour les cuisines. Après la saison, les salariés permanents s’attellent aux plantations, dès novembre. Les premières floraisons ont lieu en février, annonçant un nouveau cycle.

Bernard Laurent

Soutenir la production agricole locale

La visite était organisée dans le cadre du Projet alimentaire territorial (PAT) de Quimperlé Communauté, en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Les rencontres de ce type ont pour objectif de promouvoir les circuits courts et de favoriser les échanges entre producteurs locaux et acteurs de la restauration collective et commerciale (cuisiniers, gestionnaires et personnels de restauration collective et commerciale, artisans et métiers de bouche, ainsi que les responsables des affaires scolaires et des finances des communes). L’initiative a pour objectif de soutenir la production agricole locale, structurer les réseaux de distribution, faire évoluer la restauration collective (organisation de l’approvisionnement) et sensibiliser les habitants aux enjeux d’une alimentation durable.


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