Cultures

Bien conserver les ensilages riches en protéagineux

La conservation devient plus compliquée quand la part de protéagineux augmente dans les méteils fourrage. Ces derniers doivent être préfanés pour atteindre au moins 30 % de MS. Des conservateurs peuvent ensuite aider.

« De plus en plus d’éleveurs implantent des mélanges comportant une forte proportion de légumineuses (supérieure à 40 % de la matière sèche (MS) fauchée) dans le but de les récolter précocement en ensilage. Parmi les légumineuses, on retrouve essentiellement la féverole, le pois fourrager mais également des vesces. Les autres espèces composant les mélanges sont le plus souvent des céréales à paille », a précisé Anthony Uijttewaal, d’Arvalis – Institut du végétal, lors des journées de printemps de l’AFPF (Association française pour la production fourragère) les 21 et 22 mars à Paris.

Attention à la météo

Mais assécher suffisamment ces couverts riches en protéagineux pour pouvoir les conserver est compliqué. Ils présentent de faibles teneurs en MS, un fort ratio tige/feuilles, une densité de biomasse qui maintient un microclimat humide et des chaumes clairsemées qui soutiennent peu les andains. « La densité des chaumes permet la circulation d’air sec sous l’andain pour en évacuer l’eau et, d’autre part, une bonne reprise du fourrage par les outils de récolte. L’incorporation de terre, source de butyriques, est préjudiciable à la conservation par ensilage. »

Le scientifique souligne : « Il importe avant tout d’atteindre 30 voire 35 % MS pour assurer une bonne conservation. Au printemps, il semble difficile d’atteindre cet objectif en moins de 48 h. Dans tous les cas, la durée de préfanage ne devra pas excéder 96 h, voire 72 h en conditions chaudes, sous peine de s’exposer à des échauffements dans les andains. »

Une hauteur de coupe de 8-10 cm

Les groupes de fauche permettant d’étaler le fourrage sur une grande surface sont intéressants. Mais il est primordial de ne pas rouler sur le méteil notamment pour ne pas le souiller avec de la terre. Une hauteur de coupe de 8-10 cm est souhaitable pour la même raison. Le fanage est plutôt à éviter, pour réduire les pertes de matières sur le sol. « Le regroupement d’andains à l’aide d’un andaineur à tapis permettant de finir le préfanage semble être une piste prometteuse en faisant là aussi attention à la terre. »

Du fait de leur richesse en eau, les méteils à forte teneur en protéagineux sont un bon support de prolifération des entérobactéries et des butyriques. « Le risque est de perdre de la matière organique et d’abaisser la qualité sanitaire du lait. » Avant d’utiliser des conservateurs, il faut atteindre au minimum 25 % de MS pour éviter les jus et les pertes liées. « Ensuite, les conservateurs à bases d’acides organiques ou les inoculants bactériens lactiques homofermentaires peuvent aider. Leur coût est de 2,50 à 3 € la tonne de matière brute. »

Varier la composition selon ses objectifs
Les mélanges céréales – protéagineux immatures (MPCI) appelés communément méteils fourrage peuvent avoir des compositions et donc des valeurs alimentaires très différentes selon les objectifs recherchés par les éleveurs. « Pour sécuriser les stocks fourragers, l’enjeu sera la production d’importants volumes riches en fibres et non acidogènes, afin de compléter ou de remplacer l’ensilage de maïs. On visera dans ce cas 80 % de céréales et 20 % de légumineuses. Pour accroître l’autonomie protéique, on acceptera un potentiel de rendement moindre pour produire un fourrage plus riche en protéines, jusqu’à 16 – 18 % de MAT », souligne Geoffroy Le Tallec, de Sem-Partners. L’expert préconise de ne pas raisonner uniquement les espèces, mais aussi les variétés. Grâce aux progrès de sélection, les producteurs peuvent désormais saisir l’opportunité du semis de printemps, pour s’adapter rapidement à un manque de fourrage, pour produire un peu plus de protéines sur l’exploitation…
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