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L’ensilage de betterave peut remplacer le maïs

La pulpe de betterave ensilée associée à de la paille peut remplacer le maïs ensilage dans la ration des ruminants. À la clé, une amélioration significative des taux en maintenant la production laitière.

Sur 100 t/ha de betteraves sucrières, on extrait 13 t de jus et 11 t MS sous forme de pulpe fraîche. Ce coproduit est traditionnellement valorisé dans l’alimentation animale sous forme déshydratée. Depuis 2012, l’exploitation laitière du lycée agricole de Rethel (08) mène des essais avec de la pulpe ensilée. « La stabilisation se fait par acidification en 48 heures grâce à la fermentation des sucres.

Après acidification et refroidissement, le tas doit être bâché de manière étanche comme pour un silo à maïs », explique Jean-Benoît Tierny, gérant de la société Ecopsi qui a expérimenté le produit à grande échelle pendant 4 ans. Aujourd’hui, l’inventeur, qui a breveté le produit sous le nom de Betador, le décrit comme un fourrage facile à ensiler et pratique à utiliser toute l’année. « Il répond parfaitement aux besoins métaboliques du ruminant et permet d’optimiser les rations au niveau de la valorisation de la cellulose et d’une meilleure gestion du correcteur azoté tout en conservant un excellent niveau de production. »

betterave-resultat

Au lycée agricole de Rethel, la pulpe de betterave pressée est livrée par camion de 29 tonnes à chaque fois. « Elle est mise en tas et tassée comme pour de l’ensilage de maïs. Le problème est que l’on ne peut pas monter le tas aussi haut qu’avec du maïs », explique Jean-Baptiste Vanham, enseignant de zootechnie. Ce dernier n’a constaté aucune perte au silo contrairement au maïs, pas d’écoulement et une reprise facile. « C’est un fourrage très appétant. »

Un effet significatif sur les taux

Le 1er essai mené en 2012 a permis de valider la bonne conservation du fourrage et les effets sur les vaches. Lors du 2e essai, réalisé les 2 années suivantes, le maïs a été substitué à 50 % par de la pulpe ensilée. En 2015, le maïs a été totalement remplacé par l’aliment betteravier et de la paille. « Après une phase de transition, nous avons atteint 35 kg bruts d’ensilage de betterave et 6 kg bruts de paille/VL/jour. Avec seulement ces 2 fourrages, la ration est très simple à réaliser. Nous n’avons pas constaté de différence significative sur la production de lait par vache comparée au lot témoin avec une ration à base de maïs. Par contre, la qualité du lait s’est nettement améliorée chez les vaches ayant la ration avec de la betterave ensilée et de la paille. Le TB a progressé de 6,62 g/kg et le TP de 1,92 g/kg. Ramenées à une production annuelle de 502 800 litres de lait, les bonifications engendrées par cette amélioration des taux sont de 15 000 € », chiffre Jean- Baptiste Vanham.

Et d’ajouter : « Pour que cela soit rentable, il faut l’acheter moins de 63 €/t livré lorsque l’on prend en compte les économies et les surcoûts liés à ce changement de système. ».

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