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Une histoire syndicale bretonne riche et mouvementée

1961, 1972, 1984. L’histoire agricole bretonne est jalonnée par de grandes manifestations paysannes qui ont fait date. On parle souvent de modèle agricole breton, mais n’y a-t-il pas également un modèle syndical breton ? Un modèle qui s’appuie sur l’intime conviction des paysans bretons qu’il faut d’abord compter sur ses propres forces pour faire aboutir les dossiers. Ce sentiment qu’on ne peut compter que sur soi-même est encore plus fort dans la partie occidentale de la Bretagne, éloignée des centres de décision. Les résultats des grandes mobilisations de la deuxième moitié du XXe siècle ne donnent pas tort à cette approche. Car sans les grandes batailles syndicales, la Bretagne pourrait-elle encore se prévaloir d’avoir une agriculture aussi dynamique et nombreuse ?

Reste qu’au-delà de l’impression unitaire que diffuse la défense de grandes causes agricoles, la paysannerie demeure en réalité plus divisée qu’elle ne paraît. En Bretagne cohabitent de nombreux courants de pensée, y compris au sein du syndicat majoritaire qui tient son congrès national à Brest les 28 et 29 mars.

En marge du courant historique, un courant « libéral » a émergé au début des années 80. Porté par le CDJA du Finistère, il s’oppose au syndicalisme de sensibilité de gauche qui, dans ce département, a donné naissance en 1983 à l’UDSEA par scission du syndicat majoritaire. Aujourd’hui encore, le syndicalisme traditionnel dans la ligne de la FNSEA est davantage porté par l’est que par l’ouest de la région. Mais progressivement, la nouvelle génération de leaders s’émancipe de cette distinction géographique en privilégiant un discours plus économique. Avec cependant des nuances d’analyse sur les choix à faire pour le futur. Mais la diversité ne fait-elle pas la richesse et la force ?

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