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Une installation réussie en pleine crise

Le nombre d’installations fléchit légèrement dans le département à la fin 2015, avec 102 projets aidés pour l’année. Pourtant, certains n’hésitent pas à franchir le pas même si la conjoncture est difficile.

Les projets aboutissant à une installation en production porcine ont été de 20 en 2015 dans le Finistère, contre 5 l’année précédente. Parmi ces jeunes agriculteurs, Mathieu Charpentier a intégré l’exploitation familiale située à Mellac. « Je n’ai jamais songé à exercer un autre métier », déclare-t-il.

Mathieu s’est installé en juin dernier, avec un projet bien construit
Mathieu s’est installé en juin dernier, avec un projet bien construit.

Avec un bac pro CGEA en poche, il choisit de prêter main forte à ses parents en tant que salarié pendant 5 années. L’année suivante, il devient salarié dans une ETA proche de la ferme, « pour me former à la mécanique et voir d’autres exploitations. Je suis ensuite revenu comme salarié sur la SCEA familiale ». Deux projets murissent alors dans l’esprit du jeune Finistérien. « Un premier, basé sur la reprise en individuel d’un atelier de production de dindes de chair à un tiers, projet qui s’est avéré non viable. Le second consistait à m’associer avec mon père en créant un Gaec. C’est cette solution que j’ai retenue ». La réalisation d’un plan de professionnalisation personnalisé (3P) a confirmé la non-viabilité d’une installation en volaille. Avant l’agrément du plan d’entreprise obtenu en mai 2015 pour une installation dans le cadre familial, Mathieu Charpentier a suivi une formation de 21 heures « pour être à l’aise sur la gestion, le foncier et connaître les rouages de l’entreprise ». Son installation a été effective au 1er juin 2015.

Un soutien de la Chambre d’agriculture

Pour son projet d’installation, Mathieu Charpentier a été suivi par l’un des 7 conseillers installation présents sur le département. « Ce n’est pas simple de faire comprendre à un jeune que son projet n’est pas faisable, mais il vaut mieux arrêter un projet plutôt que d’être mal installé. La moyenne des investissements en élevage est estimée à 530 000 €, chiffre qui s’avère plus important en porc. Dans une situation conjoncturelle compliquée, on se doit de porter un message fort aux jeunes étudiants d’établissements scolaires agricoles quant à l’installation », estime André Sergent, président de la Chambre d’agriculture du Finistère, pour qui le lancement des jeunes agriculteurs reste une priorité.

À cela s’ajoute des départs à la retraite qui peinent à être remplacés : la région aura toujours besoin de projets pour garder son agriculture. « Une étude régionale montre qu’à l’horizon 2020, pour plus de 1 000 départs à la retraite et 540 départs anticipés, l’installation de 820 jeunes, aidés ou non, ne couvrirait pas un départ sur deux », chiffre Sophie Enizan, présidente de la commission installation.

Le dos rond la première année

Soucieux de la réussite de son fils, Patrick Charpentier a été attentif à son installation. « Côté investissement, nous avons choisi une évaluation la plus juste et la plus con-crète, plutôt comptable que patrimoniale. Quand on s’engage à installer son enfant, il faut lui laisser un outil viable pour éviter l’échec ». Le projet d’installation a fait mûrir le jeune entrepreneur. « Je fais le dos rond cette année. Les études préalables réalisées avec la Chambre d’agriculture ont abouti sur un dossier viable ».

La diversification des productions, avec un contrat passé avec Bigard pour l’atelier bovin, la production de porc avec un atelier naisseur-engraisseur de 180 truies et une vingtaine d’hectares de légumes d’industrie, consolide les revenus de l’exploitation. Mathieu Charpentier reste toutefois pragmatique et garde une vision de ses productions à long terme. « Il faut se battre pour une harmonie des charges à l’échelon européen et croire au lendemain ». Le modèle familiale est solide, le jeune agriculteur pérennise l’outil de production de son père, installé lui en 1984. Fanch Paranthoën

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