Les passages de roues peuvent représenter une grande part des surfaces semées. Souvent empruntés et compactés, ils représentent des chemins préférentiels pour les eaux de ruissellement qui peuvent entraîner hors de la parcelle différents composants (terre, éléments nutritifs, résidus de produits phytosanitaires).
Je souhaite garder l’eau dans mes sols
« Auparavant, j’utilisais le semoir combiné 4 rangs de la Cuma pour mes semis de maïs », témoigne Cyril Orain (SCEA Le Domaine du Coudray). Installé à Bain-de-Bretagne (35), avec une salariée, il est éleveur laitier (130 vaches présentes) sur une SAU de 120 ha qui comprend environ 45 ha de maïs, 45 ha de blé et 30 ha de prairies.
« Cette année, j’ai acheté un semoir monograine 6 rangs (Monosem) sur lequel j’ai demandé à avoir 2 effaceurs de roues de tracteur, chacun pourvu de 2 dents flexibles. C’est un équipement qui est proposé par les constructeurs de semoirs, mais en option ». Le surcoût est d’environ 1 000 € dont 500 € ont été pris en charge par Eureden.

Une surface homogène
« Les effaceurs de traces de roues de tracteur permettent de supprimer les zones marquées par le passage du tracteur, d’homogénéiser l’état de surface du sol et de favoriser l’infiltration de l’eau. Ils sont particulièrement adaptés aux semis de maïs mais peuvent aussi être utilisés en betterave ou en tournesol par exemple », indique Philippe Salmon, technicien Eureden du secteur.
« Ce matériel a bien fonctionné sur mes semis de maïs. Pour compléter, il serait intéressant d’avoir le même type d’efface-traces derrière les roues du semoir même si elles ont moins d’impact », note l’agriculteur qui ne regrette pas son choix. « Les pluies orageuses deviennent plus fréquentes. Par ailleurs, je peux irriguer 25 ha et certaines de mes parcelles ont un peu de pente. Pouvoir garder l’eau au maximum dans le sol est important. »
TCS depuis 20 ans
Depuis 20 ans, Cyril Orain utilise au maximum des techniques culturales simplifiées qui réduisent aussi l’érosion des sols. « Cette année, sur 47 ha de maïs implantés, seulement 5 ha ont été labourés. »
Agnès Cussonneau
Plus de 50 % de dérive en moins
Des essais sur les effaceurs de traces de roues ont été réalisés à la station expérimentale de Kerguéhennec (56), gérée par la Chambre d’agriculture de Bretagne. En comparaison à un semoir classique, ils ont permis de retarder le déclenchement du ruissellement et de le réduire de 64 % pour une pluie de 30 mm. Une réduction du transfert d’herbicides a aussi été mesurée, atteignant 50 % pour une pluie de 20 mm.« Depuis plusieurs années, nous sensibilisons nos adhérents sur le sujet du ruissellement sur les traces de roues. Cette année, nous avons proposé cette subvention de 500 € à tous ceux qui souhaitent s’équiper d’efface-traces. Cela devrait correspondre à une quinzaine d’agriculteurs », précise Philippe Lecuyer, responsable pôle Agronomie Eureden.

