Depuis la stabulation qui compte 32 places en aire paillée, 30 ha de terres limono-sableuses sont facilement accessibles au pâturage des vaches, dont 21 ha implantés en prairies pour 5 ans avec 25 kg de ray-grass anglais tardif, 5 kg de trèfle blanc et 1 kg de plantain. Ces terres sont adaptées au pâturage puisqu’elles « portent bien en fin d’hier et tiennent relativement bien l’été vis-à-vis de la sécheresse ». Christophe Caro conduit actuellement 32 vaches au pâturage jour et nuit, majoritairement en Prim’Holstein pour 80 % du troupeau et Normandes. Elles disposent de 60 ares/VL.
En ce moment les vaches produisent 24 L de lait/VL/jour avec 43,5 de TB et 34 de TP. Elles sont en pâturage plat unique depuis le 7 avril et reçoivent 1 kg de céréales, du minéral et du sel à l’auge pour les accueillir en bâtiment avant la traite du matin.
La pleine pousse arrive
« Les conditions de pâturage ont été très bonnes en avril, mais on s’inquiétait de la sécheresse. Puis avec les pluies et les températures annoncées la pousse et la saison d’herbe sont devant nous ! J’ai commencé le 3e tour (déprimage compris) vers le 10 mai. Les vaches font entre 2 et 3 repas par paddock, soit 1 à 1,5 jour par paddock. Le circuit compte 27 paddocks. Le temps de retour sur les paddocks est actuellement de 30 jours, mais avec les températures annoncées il devrait descendre à 22-25 jours. »
Les fauches au service du pâturage
« Sur la ferme, le principe est de faucher tout ce que je peux pendant la pleine pousse de façon à ce que les vaches aillent sur les meilleurs paddocks, avec de l’herbe qui est au bon stade. Les autres, trop hauts, sont exclus du circuit et fauchés, ou proposés à d’autres animaux dont les exigences sont plus faibles. J’ai l’embarras du choix sur la ferme, donc je ne mets pas les vaches dans de l’herbe trop haute pour l’instant. Avec plus de 30 ares par vache je peux fermer le silo, et faucher des paddocks, c’est un principe. Les vaches retrouveront ces paddocks avec de l’herbe bien feuillue plus tard dans la saison. En ce moment elles entrent à 12-13 cm et sortent à 5 cm. » Christophe Caro a ensilé 1,5 ha le 23 avril sur l’accessible et 3 ha seront enrubannés vers la Pentecôte. « Je voulais faire pâturer des prés mais ils sont humides, j’ai décidé de réintégrer 3 paddocks dans le circuit de pâturage alors qu’ils étaient destinés à la fauche. Les décisions changent au jour le jour selon la météo et la pousse ».
L’éleveur apprécie la « simplicité de son système pâturant », qui lui permet de limiter les charges, de vivre décemment avec une structure modeste et de se sentir libre dans ses décisions.
Cedapa : 02 96 74 75 50
L’exploitation : 51 ha de SAU : 24 ha de prairies, 11 ha de maïs, 3 ha d’avoine, 8 ha d’orge, 1 ha de blé, 3 ha de féverole, 1 ha de luzerne ; 37 VL Prim’Holstein et Normandes ; 250 000 L lait vendus ; Lait produit/vache : 6 470 L ; Surface de pâturage accessible par vache : 55-60 ares ; Chargement : 1,62 UGB/ha SFP ; Quantité de concentrés/VL : 791 kg ; Quantité de concentrés/L : 102 g ; Coût des concentrés/1 000 L : 51 € ; Composition de la ration annuelle VL : 45 % maïs ensilage, 45 % herbe pâturée, 10 % herbe stockée ; Marge brute lait : 383 €/ 1 000 L ; Pluviométrie annuelle : 950 mm.
Zone intermédiaire
Philippe Aubert – Plesder 35
Nos stocks pour l’hiver sont constitués, nous avons ensilé 30 hectares d’herbe le 30 avril, et nous avons un bon report de stock en foin et enrubannage. Nous sommes autour de 70 t MS produites.
L’ensilage est assez tardif, mais cela nous permet de récupérer du trèfle de bonne qualité. On a aussi fauché de la fétuque qui avait commencé à épier, mais normalement on devrait avoir une bonne repousse sur nos prairies. On en est au deuxième tour de pâturage, on avance au fil avant. On a eu de la pluie : cela va permettre une bonne repousse au regard de tout ce qui a été rasé avant.
Adage : 02 99 77 09 56
Zone favorable
Kévin Tymen – Plonévez-Porzay 29
L’arrivée de la pluie a fait la différence sur l’herbe : la pousse calait, le vent d’Est était dévastateur. Ces précipitations ont minéralisé l’azote du sol de façon impressionnante. Avec 65 mm en mai, la pousse est montée à 75 kg MS/ha/jour. En cette fin de semaine, l’herbe va exploser. J’ai débrayé certains paddocks pour les fauches. D’ici 15 à 20 jours, les animaux iront sur les pâtures fraîchement semées (30 ha), la gestion du stock d’herbe se fera par la fauche. 77 % des vaches sont inséminées, 4 taureaux sont avec les 34 génisses. Le niveau d’étable baisse un peu, la production est de 20,5 L/VL/jour, à 48,5 de TB pour 36,5 de TP.
Civam 29 : 02 98 81 43 94
Zone favorable
Salomé Guillemaud – Ferme de la Coulée douce – Hélléan 56
J’ai commencé le fauchage pour faire de l’enrubannage sur 6 ha et je prévois d’en faire 6 autres la semaine prochaine. Objectif : 150 bottes, le reste sera du foin. Concernant mon pâturage, je suis en tout herbe pour tout mon troupeau. L’épisode de sécheresse m’a fait un peu peur : il ne restait plus que 10 jours de pâturage. La pluie est arrivée au bon moment, j’ai pu continuer mon tour sans ralentir. Je suis à 400 L par jour pour 39 vaches (TB : 44,8 – TP : 37,4). La saison de la reproduction a démarré. Les taureaux ont commencé leurs saillies avec les génisses et les mères nourrices. Les inséminations démarrent aussi pour les VL.
Civam 56 : 07 60 10 22 64
Complémentation minérale chez les génisses, avant le premier vêlage
3 semaines avant et après le vêlage, l’immunité de la vache baisse. Cette baisse d’immunité a une influence sur les génisses avant leur premier vêlage. Elles ont une capacité d’ingestion plus faible et des besoins plus importants du fait de leur croissance. En fin de gestation, il est important d’apporter un minéral laitier adapté, contenant du calcium, du phosphore, du magnésium, des oligoéléments (zinc, manganèse, sélénium…), ainsi que des vitamines. Le sélénium et la vitamine E, par exemple, permettent de limiter les rétentions placentaires et les mammites en début de lactation. Un apport de 30 à 100 g par jour couvre les besoins. Pour une Baca équilibrée, il est recommandé d’apporter entre 75 et 100 g de chlorure de magnésium par jour durant les 3 dernières semaines. Il faut aussi éviter le pâturage sur des prairies trop riches en potassium (blocage de l’absorption du magnésium) et la consommation de trèfle.

