Finie la patinoire

 - Illustration Finie la patinoire
Sur le sol béton devenu extrêmement glissant, les chutes étaient fréquentes dans le bâtiment de René Cozian. La pose de tapis caoutchouc a redonné le sourire à l’éleveur. Ses vaches, elles aussi, adhèrent.

Chez René Cozian, les glissades d’animaux se sont multipliées au fur et à mesure que le béton de l’aire d’exercice se dégradait. « Plus le temps passait plus le sol était glissant, même pour moi », raconte le Finistérien. Ce dernier a bien pensé au rainurage, option la « moins coûteuse » pour rénover cette surface apparaissant peu abîmée mais devenue une « véritable patinoire ». Mais la dalle datant de 1985, « autoconstruite », manquait d’épaisseur (autour de 5 cm) pour ce traitement. Autre piste vite abandonnée : « Casser et tout refaire, un chantier trop important. »

Beaucoup d’efforts au chevet des vaches tombées

Malheureusement, en novembre 2019, la situation s’est encore aggravée suite à l’introduction de betteraves, pour le 2e hiver de suite, au menu du troupeau. Malgré 58 places à l’auge et 63 logettes pour 56 à 60 laitières en production selon la période, l’appétence de ce fourrage a clairement accentué la compétition à la rentrée du pâturage. « Les bousculades générées par la gourmandise des vaches ont favorisé les chutes. C’était devenu infernal », se remémore le producteur de lait. Tous les 15 jours, il devait relever une vache au tracteur avant de l’isoler dans une prairie infirmerie à proximité du bâtiment pour qu’elle se retape. « Pendant 8 à 10 jours, il fallait gérer à part l’alimentation, l’abreuvement et la traite. Cela pouvait me prendre 45 minutes par jour. Et ces attentions ne garantissaient pas de réussir à récupérer l’animal écarté pour poursuivre sa carrière, voire simplement finir sa lactation. »

Tous les matins, René Cozian craignait de trouver une nouvelle vache s’étant équasillée. « Je n’en pouvais plus. Passer devant l’animal du moment à l’isolement dans le paddock me décourageait. Ce stress permanent pesait sur mon humeur », confie-t-il. Il était grand temps de réagir. L’éleveur s’est alors intéressé à l’idée de recouvrir son sol de caoutchouc. « Je me suis documenté et ai découvert qu’il existe de nombreux tapis, de toutes les qualités, sur le marché. » Restait à faire le bon choix, celui d’un matériau « solide » capable de résister au passage quotidien du tracteur et du rabot pour racler l’aire d’exercice (paillée). « Après avoir visité un élevage déjà équipé, j’ai choisi un produit du fabricant IDS. J’ai été séduit par les câbles inox dans le matériau qui évite la déformation avec le temps. »

Plus une seule chute

En février 2020, un technicien est venu prendre les mesures. Deux mois plus tard, en une matinée, les 200 m2 d’aire d’exercice étaient recouverts grâce à des bandes de tapis de 30 m x 1,2 m déroulées et vissées dans le béton. « Cela représentait un budget, même si j’ai signé avant la flambée du prix des matériaux. À 63 € HT / m2 à l’époque, j’ai investi au total 14 000 € », calcule le Finistérien pour qui trouver « une solution technique était indispensable » sans vraiment se poser la question de l’amortissement. « Et pourtant, avec du recul, je n’ai jamais acheté un produit aussi rentable que ces tapis ! Car ma tranquillité n’a pas de prix. Si je devais monter une étable neuve aujourd’hui, je mettrais d’emblée du caoutchouc sur les sols pour le confort des animaux en général et pour la prévention des glissades en particulier. » Depuis cette rénovation, tout a changé : « Avant, c’était 20  chutes par an. Désormais, le troupeau est beaucoup moins stressé et je n’ai plus vu une seule glissade en bientôt trois ans », termine, ravi, René Cozian.

Le troupeau a changé de comportement

Dans ce système à 25 ares de pâturage par vache, le troupeau sort en général de février à novembre. « Avant les tapis, quand j’ouvrais le portail vers la prairie, les animaux rasaient les murs pour s’assurer d’un appui pendant leur traversée de l’aire d’exercice. Aujourd’hui, en confiance sur leurs pattes, ils se déplacent sur toute la largeur du passage et, mieux, parfois ils courent. Du jamais vu avant », raconte René Cozian. Autre progrès : « Avant, je n’observais jamais de chevauchement chez les vaches en chaleur l’hiver. Maintenant, je les vois au bâtiment. » Enfin, fini le « casse-tête » de l’introduction dans le cheptel en production de génisses quelques jours avant terme pour découvrir la salle de traite. « Auparavant, j’étais obligé de mettre tout le monde dehors pendant une demi-journée pour intégrer les jeunes animaux au champ afin d’éviter les accidents sur le béton glissant. Désormais, malgré les bousculades d’intégration, les futures primipares font leur entrée directement à l’étable. »

Un commentaire

  1. Rosy38460

    C’est une très bonne idée.
    Au moins en.plus du confort pour le troupeau aucune chute d’animaux.
    Merci de prendre tant soins de vos bêtes.

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