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Le pointage Prim’Holstein remis au goût du jour

Prim’Holstein France a inauguré une nouvelle grille d’appréciation. Cette révision du pointage vise à favoriser la sélection de vaches « modernes, productives et adaptées à des conditions d’élevage qui ont évolué ».

Depuis lundi 12 juillet, les techniciens pointeurs de Prim’Holstein France utilisent une nouvelle grille d’appréciation morphologique. « La précédente était utilisée depuis 2006. Entre-temps, les animaux ont énormément progressé grâce au bon travail des éleveurs en matière de sélection », explique David Tesson, responsable du pointage et de la morphologie chez PHF.

Mettre encore l’accent sur la qualité des membres

« Nous constatons qu’on ne produit plus du lait tout à fait comme il y a 20 ans. Les troupeaux ont fortement grandi, les niveaux d’étable ont grimpé, la traite robotisée s’est démocratisée… Globalement, en France, les vaches passent davantage de temps en bâtiment, en logettes et sur des aires bétonnées, même si le contexte est un peu différent en Bretagne où le pâturage reste très important. » D’ailleurs, l’association de race cherche à développer un modèle de vache moderne s’adaptant tout aussi bien à la conduite herbagère ou en bio. « Une bonne Holstein est bonne dans tous les systèmes », insiste le spécialiste.

Dans les échanges concernant la morphologie, « les éleveurs évoquent aujourd’hui davantage les problèmes de membres que de mamelles. La qualité et la solidité de ces dernières se sont fortement améliorées au fil du temps. » Ainsi, la nouvelle grille met l’accent sur les membres pour mieux répondre aux conditions d’élevage actuelles. « En 20 ans, le travail sur les aplombs, l’angle du jarret, les pieds, la locomotion a déjà été significatif, mais nous allons l’accentuer. » Plus concrètement, le poids du poste Mamelle dans l’appréciation 2021 va reculer un peu de 45 à 43 %, alors que celui du poste Membres va grimper de 20 à 25 %.

Bien proportionnée plutôt que très grande

Mais c’est l’approche révisée du développement des animaux qui va sans doute le plus frapper les éleveurs au départ. Au pointage, ce n’est plus la plus grande vache qui recueillera le plus de points. D’ailleurs, on ne parle plus du Format mais de Capacité laitière (de 2006 à 2021, le poids de ce poste rebaptisé est inchangé : 20 %). « Pendant des décennies, la sélection génétique a produit des vaches de plus en plus grandes et puissantes. Le gabarit a progressé de façon phénoménale », rappelle David Tesson. « Mais à l’image des autres pays, aujourd’hui, nous voulons favoriser un optimum en termes de taille tout en recherchant une Holstein au style laitier bien proportionnée. » La petite vache sera toujours pénalisée, mais la vache très grande, très profonde et sans largeur aussi d’une certaine manière. « Nous voulons un arrondi de côte à son démarrage donnant du volume à la vache. Quand le Format n’était qu’une question de dimensions, la Capacité laitière sera un mélange de dimensions, d’aspect et d’ossature. »

Enfin, la Solidité laitière (15 % de la note dans l’appréciation 2006) devient le Bassin solidité (12 % en 2021). « Le bassin est le seul poste qui a une connexion avec tous les autres postes de la vache. La qualité de la mamelle et des membres en dépendent. Nous recherchons ainsi une bonne ligne de dos et un bassin large, bien orienté et bien soudé au corps par la force du rein en faveur de la solidité. »

La Note Globale moyenne va baisser
Le travail des éleveurs sur la morphologie est indéniable : les pointages moyens sont passés de 80,7 points en 2006 à 82,3 en 2021. « Le changement de grille d’appréciation va aussi recaler les pointages en diminuant la note moyenne et ainsi permettre de mieux mettre en valeur les animaux les mieux pointés », explique David Tesson. Avant de confier que les 87 points en 1re lactation seront beaucoup moins nombreuses. « Une primipare à 85 points sera une très bonne vache demain. » Même si la Note Globale moyenne va baisser, la hiérarchie entre les animaux va demeurer et les meilleurs résultats de ce pointage strict conserveront la même reconnaissance à l’international. Les techniciens veulent aussi veiller à mettre en avant « des 1er veau qui ressemblent à des 1er veau ». C’est-à-dire par opposition à certains animaux qui apparaissent « déjà complètement construits » au premier vêlage, des femelles « moins finies » qui ont une marge et une capacité importantes d’évoluer par la suite, au fil des lactations, pour donner une bonne vache adulte qui dure.
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