Dans la parcelle délimitée par une haie et des bosquets, les vaches paissent paisiblement. De ce paysage bucolique de bocage breton transparaît une forme de sérénité. Un sentiment qui habite aussi Pierre Moriceau, associé en Gaec avec Arnaud Robin, sur la ferme de Bodreguin, à Questembert. « Je me sens en accord avec mes choix et mes valeurs », confirme le paysan fromager morbihannais, adepte de l’autonomie maximale, tant pour l’alimentation des animaux (foin, enrubannage, maïs et méteil) que pour la transformation ou la commercialisation de sa production.
Alimentation, transformation, commercialisation : la ferme de Bodreguin joue la carte de l’autonomie maximale
Sur cette exploitation de 60 hectares, une trentaine de laitières produisent 200 000 L de lait par an. Normandes, Montbéliardes, Holstein… Le troupeau est croisé et multirace. « L’objectif est d’avoir une production de lait fromageable lissée sur toute l’année. Nous transformons environ 180 000 litres de lait en fromages, crèmes et yaourts. Le reste est livré auprès de Biolait ». Ici, les vaches pâturent en toute saison, celles en production rentrent juste dormir à l’intérieur de la stabulation lors des mois d’hiver tandis que les génisses et les taries s’abritent, elles, dans les bois, très présents sur le parcellaire.
Une gamme qui s’étoffe
Au départ, la palette fromagère maison ne comprenait que des tommes et le « lichou », un fromage à pâte molle et au nom breton (gourmand) porteur de promesses. Puis, petit à petit, elle s’est étoffée de tommes aromatisées (piment, fleur, poivre, fénugrec, ail et fines herbes…), et de fromages de type Saint-Nectaire, Livarot et Morbier. En période hivernale, il y a même de la raclette. « Nous testons régulièrement de nouvelles recettes et si cela plaît aux consommateurs, on les intègre à la gamme ».

Les produits de la ferme de Bodreguin sont commercialisés sur les marchés hebdomadaires de Saint-Avé, Questembert et la Roche-Bernard, ainsi que dans les magasins de producteurs La Halle Terre Native à Questembert, Aux champs à Elven, Ciboulette et compagnie à Sulniac et Le Local bio à Séné. « Nous livrons également des épiceries et des restaurants des environs, cela représente au total une trentaine de commerces ». Depuis le début de l’année, les ventes se maintiennent sur l’ensemble des canaux de commercialisation. « Nous enregistrons même une légère reprise sur les marchés de plein air, là où les prix sont les plus attractifs », souligne Pierre Moriceau.
Question d’équilibre
Attentifs à l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, les deux associés de ce Gaec, qui compte également 4 salariés dont certains à temps partiel (4,6 UTH au global), ont adopté une organisation qui leur permet de n’être d’astreinte qu’un week-end et demi par mois. Et de pouvoir se dégager entre 5 et 6 semaines de congés chaque année. Un « fromage et dessert » en quelque sorte…
Un menu alléchant que le public pourra découvrir plus en détail à l’occasion de la Fête du lait bio, le dimanche 31 mai (lire par ailleurs). Tout en partageant un petit-déjeuner. Ou un brunch, pour les partisans de la grasse matinée.
Jean-Yves Nicolas
Inscriptions : www.fete-du-lait-bio.fr
Fête du lait bio
Née il y a plus de 20 ans d’une initiative de producteurs de lait bio bretilliens désirant valoriser leur filière, la Fête du lait bio est devenue, au fil du temps, un événement incontournable qui a essaimé à travers la Bretagne. Ainsi que dans plusieurs autres régions françaises. « Sur les 4 exploitations du département (La ferme de Bodreguin à Questembert, La ferme de Trévero à Sérent, Les fermiers de Kerveno à Colpo et Le champ du trèfle à Erdeven) impliquées cette année, nous attendons au total 1 400 personnes », note Julien Bastide, chargé de mission alimentation au sein du groupement des agriculteurs biologiques du Morbihan. Du côté du Crédit Mutuel de Bretagne, partenaire du Gab 56 sur l’opération, Thibaud Quémat, animateur départemental du marché de l’agriculture, souligne l’opportunité pour les agriculteurs participant à la manifestation de « faire découvrir leur métier et leurs productions, tout en véhiculant une image dynamique du territoire ».


