Dérèglement climatique et épuisement des ressources : se préparer à un monde sobre

Le créateur du bilan carbone, Jean-Marc Jancovici est ce que l’on qualifie aujourd’hui de personnage disruptif. Son analyse déplaît souvent car elle dérange. Il était l’intervenant-phare du Forum économique breton (Feb), le 7 septembre à Saint-Malo.

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Crédit photo : Adobestock

Personnalité influente sur les enjeux climatiques et énergétiques, Jean-Marc Jancovici considère que l’agriculture ramenée à sa seule fonction de production pèse modérément dans le bilan carbone de la France. « Quelques millions de tonnes ». Mais peut-être y détectera-t-il bientôt, comme il aime tant le faire, qu’il existe un angle mort dans ces estimations approximatives lorsque son association The Shift Project analysera en détail la Bretagne, terre agricole par excellence. Son cercle de réflexion qui œuvre en faveur d’une économie décarbonée a en effet reçu l’aval et le cofinancement de la Région, en partenariat avec l’Ademe et l’Afpa, pour « se servir de la Bretagne comme un cobaye ». Objectif : tenter d’élaborer une méthode de décarbonation réplicable à d’autres régions. Changer de boîte à outils Pour l’agriculture, cette étude approfondie devrait en toute logique élargir le domaine d’investigation carbonée à toutes les étapes de production. Et montrera vraisemblablement que, du champ à l’assiette, le process d’élaboration d’une poêlée de légumes ou d’un jambon nécessite du béton, du chauffage, de l’énergie pour construire et faire tourner les machines ou les robots, du transport routier, de la transformation et bien souvent de l’emballage énergivore. Soit autant d’étapes dégageant du CO2. Au final, l’association d’intérêt général The Shift Project pourrait très bien mettre le doigt sur le fait que pour une calorie alimentaire consommée dans l’assiette, deux, trois, voire quelques dizaines, calories fossiles ont été brûlées en amont. Les travaux envisagés iront-ils jusque-là ? On le verra dans quelques mois. Mais ce que l’on sait, c’est que l’équipe de Jancovici est habituée à mettre les pieds dans le plat. C’est aussi pourquoi le chantre de la décroissance dérange. « Il faut passer d’une boîte à outils prévue pour gérer la croissance à une boîte à outils adaptée à un monde en contraction structurelle. Pour l’instant, nous ne l’avons pas »,…

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