Edito

Engranger

En pleine forme. Dix ans après la crise financière qui a failli faire plonger la planète dans un chaos sans nom, les grosses multinationales affichent une santé financière exceptionnelle. Les bénéfices cumulent et les records s’accumulent. Début août, la valorisation d’Apple a pulvérisé le record de 1 000 milliards de dollars. Un niveau jamais atteint dans l’histoire de la Bourse. La capitalisation de cette entreprise équivaut à 7 fois le PIB annuel de la Bretagne.

Autrement dit, pour pouvoir acheter Apple, les Bretons devraient travailler dur pendant 7 ans et verser tout ce qu’ils gagnent dans un pot commun pour espérer croquer la pomme. Et encore. Il est probable que cela ne suffirait pas, car les grandes entreprises filent comme des comètes dans l’espace intersidéral vers toujours plus de richesse. Ainsi, Apple – toujours Apple –, a engrangé 11,5 milliards de dollars au 2e trimestre dernier : l’équivalent de 20 années de revenu de la ferme Bretagne amassé en 3 mois. En fait, 4 000 principaux groupes côtés à travers le monde affichent pareille performance, insolente : + 15 % de bénéfice par action sur le 2e trimestre. Belle prime de vacances avant l’été. L’appât du gain est, pour celui qui en douterait encore, le premier excitant de l’économie mondiale.

Et si, en arrière-plan, il ne s’agissait tout simplement que de cela à Carhaix ? En Suisse, où Synutra projette de construire une usine de séchage, les plus dubitatifs reprennent des propos tenus en Bretagne par Zhang Liang, le PDG du groupe Synutra : « Je viens en Europe pour le prix, pour gagner de l’argent. » « À ce jeu-là, ce sont toujours les producteurs qui trinquent », estime pour sa part Gaby Yerly, agriculteur et président de la Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie (FSFL).

Peut vous intéresser

Lire aussi...
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer