Dossier technique

« La priorité était de conserver le pâturage en robots »

Gaec de la Bethulais à Pleumeleuc (35) - Suite à l’installation des robots de traite, les éleveurs ont été agréablement surpris par la facilité avec laquelle leurs vaches ont appris à se déplacer entre les parcelles de pâturage et le bâtiment. Ils ont notamment instauré une gestion de l’herbe au fil avant pour attirer les vaches avec une herbe de qualité.

Deux hommes devant des vaches qui pâturent - Illustration « La priorité était de conserver le pâturage en robots »
Emmanuel Delamarre (à gauche) et Bruno Cherruet, sur un des paddocks. | © Paysan Breton

Éleveurs laitiers à Pleumeleuc (production de 1,2 million de L), Emmanuel Delamarre et Bruno Cherruet sont passés en traite robotisée avec deux stalles en juillet 2025. « Nous souhaitions gagner en confort de travail et pouvoir fonctionner à une seule personne le week-end, sans qu’il y ait trop d’astreinte. Sur notre installation 2 x 10 postes, la traite nous demandait 4 h 30 par jour », expliquent les éleveurs.

Maîtriser le coût alimentaire

« En robots, garder autant de pâturage que nous en avions auparavant en salle de traite était notre objectif numéro un, d’abord pour le bien-être des animaux, mais aussi pour des raisons économiques. Nous disposons de 25 ha accessibles aux vaches laitières autour des bâtiments. 18 ha sont directement accolés à la stabulation, avec une distance maximale de 500 m à parcourir pour les vaches, et 8 ha se trouvent de l’autre côté de la route. »

Pour le démarrage des robots, les vaches laitières sont restées 3 mois dans la stabulation afin qu’elles s’habituent, qu’elles comprennent bien les circuits. Puis à l’automne dernier, « nous avons commencé à les faire ressortir au pâturage, d’abord entre 12 h et 15 h, puis nous avons élargi progressivement la plage horaire. »

Le fil avant bougé tous les matins à 7 h

Même si les bovins ont rapidement compris comment fonctionnait l’accès à l’extérieur et aux robots, les éleveurs ont dû modifier leur gestion du pâturage et gagner en technicité. « Le fait d’avoir une bonne quantité d’herbe fraîche attire les vaches. Auparavant, elles restaient 2 à 3 jours dans un même paddock de 2,5 ha en moyenne. Désormais, je divise les paddocks avec un fil avant. Les vaches entrent dans les parcelles quand la hauteur d’herbe est d’environ 10 cm et le fil est déplacé quand la hauteur est de 5 cm. »

« De nouveaux repères sur la gestion de l’herbe »

Les producteurs ont été accompagnés par Amandine Mauger, conseillère à la Chambre d’agriculture de Bretagne, dans la mise en place de ces nouveaux repères. Ils constatent « un accroissement du rendement à l’hectare ». Par ailleurs, « les parcelles sont aujourd’hui moins sales, c’est plus facile de gérer les adventices. » Le fil avant est bougé tous les matins à 7 h. « C’est la première chose que je fais en arrivant sur l’élevage. Ensuite, je vais dans le bâtiment surveiller les retards de traite, voir si tout se passe bien… »

des vaches au pâturage
Les vaches ont appris facilement à circuler entre le bâtiment et le pâturage.

Vers une réduction de la taille des paddocks

Pour l’avenir, les éleveurs souhaitent réduire les paddocks à une surface de 1 à 1,45 ha pour faciliter la gestion du pâturage. « Des points d’abreuvement vont être ajoutés et les chemins améliorés », planifient les Bretilliens. « Nous avons travaillé sur les autorisations de sortie au niveau de la porte de pâturage. Actuellement, les laitières peuvent quitter le bâtiment entre 7 h et 4 h du matin. » Originalité sur l’élevage, la porte de pâturage a été placée à l’intérieur du bâtiment, pour que les vaches ne soient pas ‘déçues’ si elles n’ont pas l’autorisation de sortir.

Pour les 8 ha de l’autre côté de la route, Emmanuel Delamarre a testé plusieurs solutions. « J’ai essayé d’y amener le troupeau entier à 7 h le matin pour les faire revenir dans le bâtiment ensuite. J’ai aussi tenté de fonctionner avec un seul groupe de vaches déjà traites le matin. C’est moins facile d’aller faire pâturer ces surfaces mais ça reste possible et participe à la baisse du coût alimentaire. »

Vue sur une stabulation de vaches laitières vide
Le bâtiment est doté de larges espaces de circulation pour les vaches.

50 vaches par stalle

Un chargement limité sur les robots permet le pâturage. « En salle de traite, il y avait environ 115 vaches laitières, désormais nous en avons 100 et souhaitons descendre à 95. » Avec les robots, une augmentation de production de l’ordre de 15 % par vache laitière a été enregistrée. « En hiver, la production moyenne par vache est de 37-38 kg, en 3 traites/jour. Au pâturage, elle descend légèrement à 35-36 kg, pour 2,6 traites. »

Quand la pousse est bonne, la ration est constituée de 5 kg MS de maïs ensilage + 12 kg MS d’herbe pâturée. En plus au robot, les vaches reçoivent en moyenne 2,3 kg de correcteur azoté et 2,3 kg d’aliment de production (les quantités sont adaptées à l’individu). En hiver, la ration à l’auge passe à 14 kg MS de maïs ensilage, 3-4 kg MS d’ensilage d’herbe et 2,6 kg de correcteur. C’est notamment sur ce dernier constituant de la ration à l’auge, inexistant quand les vaches pâturent, que les éleveurs parviennent à maîtriser leur coût alimentaire. Sur le dernier exercice allant de mars 2025 à mars 2026, il est de 112 €/1 000 L.

Agnès Cussonneau

Circulation fluide dans le bâtiment

Emmanuel Delamarre s’est installé en Gaec sur la ferme familiale en 2005 et Bruno Cherruet l’a rejoint en 2020 au départ en retraite de ses parents. « L’activité d’engraissement de porc (400 places) a été stoppée et la stabulation que nous avions construite en 2005, en logettes-matelas et farine de paille, a alors été agrandie de 17 m », soulignent les éleveurs. « C’est un bâtiment aux couloirs assez larges, dans lequel les vaches se déplacent et se croisent facilement. Nous avons récemment ajouté des abreuvoirs, notamment en sortie de robots. » L’exploitation dispose d’une SAU de 145 ha, dont 55 ha de maïs ensilage, 26 ha de prairies temporaires et 25 ha de prairies naturelles. Du blé est cultivé pour la vente.


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