Edito

Question de temps

C/2020 F8. Il ne s’agit pas du nom d’un deuxième virus tueur d’hommes, mais d’une comète. Swan, son autre nom plus poétique, est la star du ciel de cette fin mai. Dans l’Antiquité, son passage dans le ciel aurait probablement été interprété comme un mauvais présage. Jusqu’au Moyen Âge, les comètes faisaient en effet l’objet de représentations des plus effrayantes. Parfois, parmi les spéculations les plus folles, s’élevait une voix de sagesse. Comme celle de Sénèque le philosophe qui souffla au premier siècle de notre ère : « Un âge viendra où ce qui est mystère pour nous sera mis au jour par le temps et les études ». En 1705, Edmond Halley, dont une comète porte le nom, lui donnait raison.

Qui, aujourd’hui, attendrait 700 ans pour avoir une réponse à ses questions ? 7 secondes paraissent déjà une éternité pour une recherche Google. Et c’est parce que le risque de mourir de la Covid-19 s’inscrit dans cet espace temps de l’immédiateté que les populations ont consenti instantanément au confinement. P

aradoxalement, c’est aussi parce que les effets du réchauffement climatique sont perçus comme lointains, alors qu’ils sont proches, que les populations ne changent leur comportement qu’à la marge ; qu’importe que le changement climatique coûtera à la France des milliards chaque mois, pour l’éternité. En comparaison, le coût de l’d’arrêt de l’économie par la Covid-19 de 60 milliards par mois de confinement apparaît bien dérisoire. À trop jouer avec le feu, l’humanité risque de se brûler les ailes. En passant très près du soleil le 27 mai, C/2020 F8 a échappé de justesse à ce destin tragique et a gagné une révolution supplémentaire de 11 600 ans autour du soleil. Une éternité… L’humanité peut elle aussi engranger autant de temps supplémentaire en modifiant volontairement sa trajectoire.

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