Les coups de chaleur à répétition mettent à mal les cultures de pomme de terre. Même s’il reste encore de la verdure dans certains champs, le grossissement des tubercules est bloqué. « Les pertes sont encore difficiles à estimer. Selon les dates de plantations, les conséquences peuvent être différentes : celles plantées à la mi-avril perdront sans doute 20 % de rendement, c’est catastrophique pour les plantations plus tardives de mai », estime Michel Bléas, producteur de pommes de terre de consommation et de plants sur la région de Landivisiau (29). Les derniers tubercules mis en terre ont souffert de mauvaises levées, la forte hausse des températures n’a rien arrangé. Pourtant, pour les plantations précoces, le potentiel de production était jugé exceptionnel il y a quelques semaines. Il a été contrarié à un moment où la plante initie ses tubercules. Ces derniers « sont petits. Les plantes vont lâcher ces très petits calibres pour privilégier les apports d’énergie vers les plus gros ». Dans ce secteur nord-finistérien, il n’y a que très peu de producteurs équipés en système d’irrigation. Apporter des tours d’eau « maintient de la fraîcheur. Mais au-delà de 35 °C, la plante cale. Quand on dépasse les 30 °C, l’évapotranspiration représente 8 mm d’eau par jour. Ceux qui irriguent apportent 25 ou 30 mm par passage. En 3 jours, toute cette eau est consommée, les producteurs n’arrivent donc pas à suivre ».
La température monte dans les buttes
Des conséquences directes et indirectes
La pomme de terre est une culture à cycle court, de 90 à 110 jours entre la plantation et la récolte. Avoir des coups de chaud sur cette espèce « n’est jamais bon. C’est du jamais vu ». Les parcelles où le feuillage continue de couvrir le sol sont dans de meilleures situations, mais sur celles « couchées et défoliées, la température commence à monter dans la butte ». Des conséquences sont alors possibles en production de plants. On ne sait pas encore comment ils se comporteront en termes de conservation, de germination. La zone finistérienne au-dessus de la Nationale 12 semble mieux se tirer d’affaire que le Centre-Bretagne. « Nous n’avons pas eu de vol de pucerons. Dans les autres régions, il y a une grosse contamination aux viroses ». La crainte du producteur se porte sur le bassin de Pontivy (56). « Pour les plantations de mi-mai, ils risquent de ne rien récolter » déplore-t-il.
Fanch Paranthoën
Une pluie cruciale
Tous les yeux se tournent vers le ciel, les pluies salvatrices se font attendre. La pomme de terre est une espèce capable de repartir vite, mais certaines variétés peuvent s’emballer : les tubercules peuvent grossir très vite, trop vite. Résultats : la peau peut se fendre.
