Cette maîtrise passe également par une évaluation des réserves corporelles de la truie. La meilleure analyse combine des mesures de réserves adipeuses et musculaires, avec une estimation du poids vif (en tenant compte également du gabarit et du rang de portée). Cette approche globale permet d’affiner le pilotage technique du troupeau, quel que soit le type génétique de la truie.
Vers une meilleure maîtrise de la qualité des portées sevrées par la truie
Si la croissance fœtale s’établit en fin de gestation à environ 60 à 80 grammes par jour lors des neuf derniers jours, la question centrale demeure : qu’en est-il du profil de croissance des porcelets sous la mère ?
Une étude en maternité pour objectiver les profils de croissance
C’est précisément l’objet d’une étude engagée sur le profil de croissance des porcelets en maternité et l’impact du poids de naissance ainsi que des pratiques alimentaires de la truie sur le poids total de portée au sevrage.
Ce travail est conduit en collaboration avec huit élevages, en sevrage 21 et 28 jours. L’étude a démarré en juin 2025, avec une restitution des résultats attendue en fin d’année.
L’objectif est d’identifier les profils de croissance des porcelets selon plusieurs facteurs : parité des truies, génétique, mais aussi les pratiques alimentaires et les modes de logement. L’enjeu final est d’améliorer la qualité des portées sevrées, de vérifier la régularité des croissances et de préserver l’homogénéité des portées durant toute la phase de lactation.
Une méthodologie fondée sur la mesure en continu
Pour atteindre ces objectifs, deux à quatre balances pour porcelets (piglet scales) sont installées par maternité. Placées directement dans les cases, elles permettent une pesée automatisée et régulière des animaux tout au long de la lactation.
Les données recueillies sont ensuite traduites en courbes de croissance, offrant une lecture fine de la dynamique de gain de poids. Cette approche permet de vérifier si la croissance est linéaire ou non, et d’identifier les périodes critiques nécessitant une intervention sur l’alimentation de la truie.
Les ajustements peuvent ainsi être ciblés avec précision : période péripartum, première, deuxième ou troisième phase de lactation, ainsi que le nombre de repas distribués.
Premiers résultats : des profils de croissance différenciés
Les premiers résultats mettent en évidence des profils de croissance distincts selon la parité des truies. Les gains moyens quotidiens varient de 220 g/jour à 300 g/jour, en fonction du rang de portée avec des GMQ instantanés de fin de lactation (21 j) pouvant atteindre plus de 400 g/j.
L’analyse confirme également l’importance de la régularité des croissances, étroitement corrélées au poids de naissance, aux pratiques alimentaires mises en œuvre et aux conditions de logement et d’ambiance en maternité.
Au-delà des premiers enseignements, cette démarche vise à mieux comprendre les leviers de performance en lactation et à optimiser la qualité des portées sevrées.
Les prochaines conclusions de l’étude permettront d’affiner encore les recommandations techniques en élevage, avec un objectif clair : sécuriser la croissance des porcelets tout en améliorant l’homogénéité des portées.
Anne Bouché / Nutréa

