Le cheptel partagé pour sécuriser l’installation : Des bovins transmis, d’autres vendus aux enchères

Denis Michelot passe le relais de son troupeau charolais de haute valeur à Maxime Rio, sans casser la dynamique génétique. Vente partielle pour l’installation, enchères sur les meilleures génisses et parrainage : une transmission pensée pour démarrer du bon pied.

Deux hommes avec des vaches charolaises dans un pré - Illustration Le cheptel partagé pour sécuriser l’installation : Des bovins transmis, d’autres vendus aux enchères
Denis Michelot va transmettre une partie de son troupeau charolais de haute valeur 
à Maxime Rio. | © Paysan Breton

Son élevage est un des rares en Bretagne à faire partie du noyau de sélection Charolais univers. Denis Michelot, installé à Arzal (56), ne voulait pas que tout le travail génétique pointu qu’il a mené depuis 1996 avec ses partenaires disparaisse. À deux occasions dans sa carrière, dont cette année, il a reçu un Sabot d’argent, trophée qui récompense les éleveurs pour leurs performances techniques et génétiques. Sur la dernière campagne, l’Ivmat (index valeur maternelle) du cheptel atteignait 107,5 et l’Isevr (index de synthèse au sevrage) 108,4. Comme l’éleveur a eu recours à l’IA, dès le départ sur les génisses, la facilité de vêlage a été automatiquement sélectionnée.

Préserver trente ans de sélection génétique

« Mon système a fait ses preuves économiquement. Je voulais qu’un jeune prenne la suite », déclare Denis Michelot. Dans cet objectif, il a décidé de céder une partie de son cheptel au prix standard, sans valorisation du potentiel génétique, à Maxime Rio qui va rejoindre son père Patrick pour former un Gaec. Ce dernier est éleveur laitier à Marzan. « Nous faisons partie du même groupe d’entraide. Nous avons la même vision du métier », précise Denis Michelot. « J’ai commencé à évoquer mon arrêt d’activité en septembre 2023, visant un départ en 2026 pour les bovins, et en 2027 pour les terres. »

Maxime Rio, qui a fait des études agricoles, s’est positionné sur la reprise de la ferme. « Pour qu’il puisse financer plus facilement l’activité allaitante, je lui ai proposé de m’acheter les vaches pleines (60 en tout sur les 67 présentes) et la moitié des génisses de l’année, de 18 mois et de 3 ans (41 en tout). » Grâce à ce compromis, le cheptel ne va pas trop être pénalisé avant de retrouver sa vitesse de croisière. « Je l’ai aidé à bâtir un programme technique et financier avec l’aide de Synetics et Eilyps », ajoute l’éleveur.

« Je vais commencer par sécuriser la jeune génération, puis je compte accroître un peu les vêlages, d’une dizaine par an », indique Maxime Rio qui apprécie « la souplesse de cette transmission. Sans les veaux à naître, je n’aurais pas bénéficié d’une trésorerie rapide sur cet atelier. »

9 à 13 mâles par an vendus pour la reproduction

« J’étais attiré par la production de viande bovine, m’occupant notamment des bœufs normands de mon père. J’ai aussi travaillé pendant 4 ans dans un élevage d’engraissement de jeunes bovins, mâles et femelles », souligne le futur chef d’exploitation qui a souhaité aussi « gérer des naissances ». Et comme son cédant, il projette de vendre des reproducteurs. À l’heure actuelle, entre 9 et 13 mâles par an sont vendus pour la reproduction.

Pour regagner de la valorisation génétique sur son cheptel, Denis Michelot organise une vente aux enchères qui « a trois objectifs : me permettre de proposer un prix à Maxime pour les animaux qu’il reprend, mais aussi promouvoir son futur élevage et mettre en lumière tous les partenaires qui m’ont aidé à atteindre ce niveau génétique. »

Un contrat de parrainage de 9 mois

Atout également pour sécuriser le projet, les deux Morbihannais ont conclu un contrat de parrainage de 9 mois par le biais de la Chambre d’agriculture, qui prendra fin en août. Ce dispositif permet au cédant et au futur installé de travailler temporairement ensemble sur l’exploitation, avant la reprise effective. Le cédant peut transmettre son savoir-faire, ses pratiques, ses relations locales, et le porteur de projet peut acquérir une solide expérience sur l’exploitation qu’il envisage de reprendre.

« J’ai 20 ha en propriété et ma mère 40 ha, nous avons aussi contacté l’ensemble des propriétaires fonciers. La quasi-totalité de ma SAU de 120 ha va être louée à Maxime. » Le jeune âgé de 23 ans va aussi reprendre les bâtiments de Denis Michelot. Le Crédit mutuel de Bretagne, leur banquier à tous les deux, s’est montré rassuré par cette transmission adossée à la production de lait sur la ferme familiale (60 VL normandes en traite robotisée, 100 ha).

Agnès Cussonneau

Vente de génisses de haut vol

La vente aux enchères aura lieu dans une des stabulations de Denis Michelot à Arzal ou en distanciel, le jeudi 18 juin. L’accueil sur l’élevage est prévu à partir de 10 h, suivi d’une présentation de veaux mâles issus de l’élevage entre 11 et 12 h. Il sera possible de déjeuner sur place avant la présentation de la vente à 13 h 30, puis son lancement à 14 h. L’éleveur a confié l’organisation à Sicaforme de Moulins-Engilbert, société spécialisée dans les ventes de bovins. 42 génisses de tous âges seront proposées aux enchères, plus 5 lots d’embryons. Accès libre sur place – Pour participer à distance, cliquez ici


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