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Glyphosate : « Il y a une manipulation de la communication »

La FRSEA Bretagne dénonce l’utilisation du test Élisa pour détecter des molécules de glyphosate dans les urines. Le syndicat s’appuie sur les recherches de Joël Guillemain, pharmacien-toxicologue.

La FRSEA Bretagne espère enfoncer le clou au sujet des traces de glyphosate retrouvées dans les urines de « pisseurs involontaires ». Ce mouvement avait dénoncé la présence de la molécule, dépistée à l’aide d’une analyse nommée Élisa. Le syndicat a décidé de communiquer sur ce sujet, par le biais scientifique mardi dernier, à Rennes (35).

Eau contre urine

Joël Guillemain, pharmacien toxicologue, a décidé de « passer d’une intime conviction à une démonstration ». Le scientifique a épluché 52 études pour se forger une opinion sur la qualité des différents tests. Selon lui, le test Élisa, basé sur une technique immuno-enzymatique, donne des résultats « plus quantitatifs que qualitatifs. Il y a une surévaluation car la technique est sensible à d’autres composés ». Et le pharmacien de résumer que sur les différentes études observées, « les tests par chromatographie ont détecté 1 présence sur 31 tests. Avec Élisa, 17 échantillons sur 19 étaient positifs. Ce test est conçu pour des mesures dans l’eau, son utilisation a été élargie aux urines. On ne peut pas comparer des résultats dans l’eau et dans les urines, qui ont pour rôle de concentrer les substances à éliminer ». Joël Guillemain conclut en estimant « qu’il y a une manipulation de la communication ; la méthodologie du glyphotest, utilisé par les ONG, n’est pas validée ». Le scientifique conseille enfin « d’encadrer l’utilisation du glyphosate. Tout le monde a intérêt à ce que le risque soit réduit au maximum ».

En septembre 2019, des agriculteurs du Morbihan se sont soumis au dépistage de glyphosate dans les urines en demandant au CHU de Vannes (56) d’analyser les échantillons par chromatographie. Sur 78 analyses, « seulement 4 contenaient des concentrations inférieures à 1 % de la DJA (dose journalière admissible) », rappelle Franck Pellerin, président de la commission environnement à la FDSEA 56.

La différence de résultats de ces analyses suscite des réactions chez les représentants de la FRSEA, qui qualifient le test Élisa de « supercherie. Il faut que la justice en soit informée », selon Franck Pellerin. De son côté, Jean-Alain Divanac’h, président de la FDSEA 29, constate « une chaîne de peur créée par ces structures qui agissent contre la molécule. Pourtant, nous l’utilisons de façon responsable avec les agréments et équipements nécessaires ».

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