Productions Agricoles

Identifier les carences du sol par l’observation de la flore

Azote, phosphore, cuivre, potassium, magnésium, bore… L’observation des plantes de la prairie en dit long sur la présence et la disponibilité de ces éléments. 

« Dans le cas d’une carence, la plante ne trouve pas dans le sol ce dont elle a besoin pour se développer correctement », explique Florent Cotten du cabinet de conseil Pâture Sens. Il rappelle « qu’avant d’investir en fertilisation, des observations et analyses simples permettent de  déterminer la nature de la carence, pour adapter au mieux l’intervention ». Sur le terrain, deux types de carences peuvent être observés. La carence vraie, « quand l’élément minéral est présent en quantité insuffisante dans le sol pour couvrir les besoins de la plante ». Et la carence induite, « quand l’élément minéral est présent mais non assimilable par la plante ». Cela peut être lié à un problème d’acidité du sol, un blocage par un autre élément –« comme l’excès d’azote qui peut bloquer l’assimilation du bore et du cuivre… » – ou encore une structure de sol dégradée modifiant la forme chimique de l’élément considéré.

Dans la pratique, le conseiller explique que dans une prairie, les déficiences minérales peuvent être observées rapidement au niveau de la flore, aussi bien à travers l’évaluation des légumineuses que des graminées. « Le manque de phosphore se traduit chez les légumineuses par des feuilles vert jaunâtre et tachetées de petits points brunâtres, signes de pourrissement. Chez les graminées, on observera une décoloration mauve des feuilles caractéristique. »

Par ailleurs, les plantes présentant des symptômes de chlorose (« lié à un dysfonctionnement au niveau de la photosynthèse ») renvoient soit à une déficience en magnésium soit à une déficience en cuivre. « Dans le cas du magnésium, des zones de blanchiment seront localisées sur les nervures des vieilles feuilles. Ces feuilles prennent une couleur marron avant de dépérir. Pour le cuivre, l’extrémité des feuilles des ray-grass est touchée.»

Différencier carence en soufre ou en azote

Quant à la carence en soufre, elle est assez proche de celle en azote : « Elle se traduit généralement par des plantes de petite taille, d’une couleur vert pâle à jaune citron avec des nervures très clairs. Cependant, la déficience apparaît d’abord sur les jeunes feuilles, à la différence de l’azote qui affectera les feuilles plus âgées en premier. » Cette carence en azote s’identifie aussi au niveau du paddock à travers la différence de couleur plus ou moins prononcée entre les zones d’urine et le reste de la prairie : « Un vert très foncé pour les zones d’urine et vert très clair pour le reste de la parcelle. Au niveau du sol, cela s’identifie par un faible nombre de nodosités, peu actives (couleur intérieure blanche), au niveau des racines. » Enfin, la déficience en bore est marquée « par une décoloration rougeâtre des feuilles au niveau des extrémités ». Quant au manque de potassium, « en plus d’une croissance ralentie à l’échelle de la parcelle, il s’identifie par l’apparition de points blanc jaunâtre, toujours sur les extrémités des feuilles ». Toma Dagorn

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