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Maïs et engrais de ferme forment un duo gagnant

La réussite de sa culture de maïs passe par la mise en place rapide d’un système racinaire efficace, d’où l’importance de la structure du sol. Pour améliorer la teneur en matière organique et la richesse biologique de celui-ci, rien de tel que les engrais de ferme. Choix des produits, conditions d’utilisation… voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de son côté.

Le maïs, plante annuelle à croissance estivale, occupe aujourd’hui une part non négligeable de l’alimentation animale. Son développement dans de bonnes conditions est directement lié à l’importance et à la qualité de son enracinement. Le climat et la météo de l’année influencent aussi fortement le comportement de la plante. En effet, le maïs apprécie la chaleur mais est aussi très friand d’humidité. Le sol et son fonctionnement constituent donc un facteur très important pour exprimer le potentiel de la culture et réussir son implantation, sa floraison et le remplissage des grains.

Nourrir le sol et la plante

Pour une mise en place optimale, le maïs doit bénéficier de conditions favorables avec un sol qui exprime pleinement son capital. La qualité du lit de semence, ainsi que la disponibilité en eau et en éléments nutritifs, devront donc être particulièrement soignées. Pour cela, tout le travail autour de la structure du sol (aérée, continue et homogène) sera prépondérant. Les engrais de ferme, de par leur richesse en matière organique et en éléments fertilisants (N, P, K) influencent à la fois la structure du sol (qualité du lit de semence et dynamique de l’eau) et la disponibilité en élément minéraux. Ils constituent une solution particulièrement intéressante dans certaines conditions, par leur effet fertilisant à moyen terme (arrière- effets), mais aussi immédiat.

Au regard des exigences en azote de la culture de maïs, le choix se dirige naturellement vers des solutions ayant une fraction azotée soluble importante. L’effet fertilisant doit être optimal en juin-juillet, période de croissance maximale de la plante. Les produits qui peuvent répondre à cette nécessité seront notamment ceux dont la part azotée disponible sous forme ammoniacale est importante. Ainsi, les lisiers de porcs, lisiers de bovins, fumiers, composts ou lisiers de volailles, ou les fientes de poules, par exemple, présentent des atouts indéniables pour répondre aux exigences du maïs tout en respectant la réglementation actuelle.

Mieux exploiter le fumier de bovins

Les fumiers de bovins, bien que disponibles et utilisés en grande quantité pour fertiliser le maïs, ne sont pas vraiment une solution idéale pour cette culture. En effet, ils présentent une proportion faible d’azote minéral. Le fumier aura besoin de plusieurs mois après son épandage pour libérer une partie de son azote organique. Il faudrait donc idéalement l’épandre dès l’automne précédant le semis du maïs, ce qui est interdit. La présence de fumier de bovin dans de nombreuses exploitations rend son épandage quasiment obligatoire avant les semis de maïs, au regard des contraintes de stockage imposées par les réglementations. Pour concilier agronomie, capacités de stockage et réglementation, l’épandage doit avoir lieu le plus tôt possible, bien avant le semis de maïs, dès février. En revanche, il faut essayer de rendre plus disponible l’azote qu’il contient en l’associant par exemple à du compost de litière de volaille. Cette solution s’avère très facile à mettre en œuvre en réalisant deux tas dans la parcelle qui reçoit les engrais de ferme. Lors de l’épandage, il convient simplement de bien doser le mélange fumier de bovin et compost de litière de volaille de façon à obtenir une répartition suffisamment homogène. Cette technique permet une valorisation idéale des éléments fertilisants par le maïs.

Pour une valorisation optimale

De nombreux utilisateurs ont adopté cette façon d’utiliser à bon escient les engrais de ferme. Cet exemple d’optimisation de l’utilisation du fumier de bovin (épandu en plus petite quantité sur de plus grandes surfaces) avant maïs permet aussi de limiter les apports minéraux complémentaires, conformément aux conseils des plans prévisionnels de fumure. Les autres atouts des engrais organiques, comme la teneur en carbonates de calcium de certains produits, peuvent également être mis en avant pour corriger le pH des sols. D’autres solutions existent. Un guide fertilisation organique est consultable auprès des techniciens Triskalia. Vous y découvrirez la diversité des engrais de ferme, leur composition, leur fonctionnement dans le sol afin répondre au plus juste aux besoins de vos sols et de vos cultures. Alain Jehanno / Triskalia

L’avis de Gildas Guillas, Gaec Guillas à Locoal-Mendon (56)

L’exploitation d’Anne et Gildas Guillas, compte 185 ha (50 ha de maïs, 40 ha de céréales, 90 ha d’herbe, 5 ha de luzerne) avec une production laitière et de bovins viande. La fiente sèche de poules (l’Orgaferti) est utilisée depuis près de 20 ans. « Sur les parcelles de maïs ne recevant pas de fumier de bovins, notamment les plus éloignées, j’apporte environ 5 tonnes d’Orgaferti. Ainsi, le maïs démarre mieux, reste vert plus longtemps et on sent qu’il  résiste mieux à la sécheresse », témoigne Gildas.  Ce produit combine un effet engrais organique à action rapide avec un effet chaulage, ce qui constitue une fertilisation complète et économique. « Si je compare avec d’autres parcelles ne pouvant être conduites qu’en minéral, car situées près de la Ria d’Etel, cette conduite permet un bon rendement en maïs. Les parcelles en minéral uniquement répondent moins bien et on sent qu’il manque quelque chose ». Les apports de matière organique sous forme de fumier de bovin se font en priorité sur les parcelles proches de l’exploitation avec un épandage, avant labour, dès que possible début mars.

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