Plus de parité dans les instances de décisions agricoles

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Le groupe agriculture au féminin milite pour l’égalité professionnelle en agriculture et une meilleure représentation des femmes dans les instances décisionnelles.

« Heureusement, ma femme travaille à l’extérieur », peut-on entendre régulièrement en agriculture et d’autant plus lorsque la conjoncture est difficile. « La femme sur l’exploitation ne doit pas être la variable d’ajustement : elle ne doit pas avoir à aller chercher un travail à temps partiel, servant de garantie aux prêts bancaires de l’exploitation », insiste les membres du réseau « Agriculture au féminin », lors d’une rencontre avec Patrick Strzoda, Préfet de la région Bretagne, à Noyal/Vilaine (35). Une invitation illustrée d’exemples concrets pour sensibiliser le Préfet à leurs actions et au rôle complémentaire des femmes dans le monde agricole, sur l’exploitation et dans les Organisations professionnelles agricoles (OPA). Membres de Chambres d’agriculture, administratrices d’OPA, membres de groupe de développement… Ces agricultrices motivées dans leur métier et dans la représentation savent de quoi elles parlent.

Prise de responsabilité dans les OPA

« Nous avons dans un premier temps élaboré des formations pour la professionnalisation du métier d’agricultrice », présente Nicole Le Peich, présidente du groupe régional. Une étape importante pour 41 % des femmes qui s’installent sans être issues du monde agricole. « Maintenant, notre challenge est d’accompagner ces femmes à la prise de responsabilité dans les OPA. » La demande est concrète et relevée par Clémentine Comer, doctorante en sciences politiques qui suit le réseau depuis plus de trois ans : « Les agricultrices souhaitent une représentation plus paritaire dans les organismes, et une participation plus importante dans les orientations productives et politiques. » En Bretagne, seulement 15 % des femmes ont des responsabilités dans les conseils d’administration d’OPA. Si les portes ne font que s’entrouvrir, le travail avance néanmoins pour rendre ces opportunités plus accessibles aux femmes et compatibles avec la vie privée, professionnelle, familiale et associative. Horaires des réunions, systèmes de garde avec de gran-des amplitudes de travail, apprentissage à la prise de parole, lieux d’échange… De nouvelles actions sont à l’étude. « Ce sera un travail de longue haleine, mais votre exemple fera évoluer les esprits, cela deviendra naturel pour les futures générations », encourage Marielle Muret-Baudoin, maire de Noyal/Vilaine.

Un homme dans une assemblée de femmes

« Vous voilà seul homme, dans cette assemblée, entouré de femmes », illustre Nathalie Marchand. « Nous vivons la même chose lorsque nous nous déplaçons à vos invitations lors des cellules de crise à la Préfecture », ironise-t-elle. Et si un quota imposait 30 % des femmes sur les listes des élections à la Chambre d’agriculture, dans les organes de direction, la répartition est différente… Aussi, le réseau milite pour que la parité exigée aux autres catégories socioprofessionnelles s’applique aussi au monde agricole. Car « un métier qui perd un des deux sexes est un métier qui se meurt », lance Nathalie Marchand. Carole David


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