Combiner élevage, landes et tourbières

Un PSE est en projet pour rémunérer les agriculteurs qui préservent les landes et les tourbières, puits de carbone.

Un agriculteur au milieu de ses vaches dans un champ - Illustration Combiner élevage, landes et tourbières
Jérémy Stéphan, agriculteur à Loqueffret (29). | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Le Gaec des Landes Celtes « porte bien son nom », aime introduire Jérémy Stéphan, un des associés de cet élevage de vaches allaitantes et de volailles de Loqueffret (29). Sur les 300 ha de la ferme, une bonne partie « des prairies temporaires vont devenir permanentes, car elles vont avoir plus de 5 ans ». Les éleveurs multiplient les actions à des fins environnementales, comme des fauches tardives ou du pâturage extensif dans des landes du 15 juin au 1er octobre. « 30 ha sont concernés par les fauches tardives, nous ne récoltons l’herbe qu’au début du mois de juillet pour préserver la faune et la flore en place », détaille le Finistérien. Sur les zones pâturées en période estivale, Jérémy Stéphan concède que « nous perdons sur le poids des carcasses. Mais c’est une façon de mettre au repos les autres pâtures ».

Fauches tardives et pâturage extensif

Toutes ces actions vont prochainement pouvoir être récompensées. Un PSE (Paiement pour services environnementaux) est en cours de développement : dans le cadre du projet européen Buffer +, 21 partenaires originaires de 5 pays travaillent sur la question des tourbières et des landes, véritables puits de carbone. « Trois régions françaises ont été retenues : les Pays-de-la-Loire, la Normandie et la Bretagne. Sur les terres du Gaec des Landes Celtes, le site sert de pilote », explique Sophie Jézéquel, vice-présidente de la Chambre d’agriculture du Finistère. Si le montant de ce PSE n’est pas encore connu, « 15 communes ont été retenues, abritant 90 exploitations de plus de 10 ha, ce qui représente potentiellement 4 300 ha », chiffre Vincent Le Talour, chargé d’études environnement territorial à la Chambre d’agriculture. Pour l’instant, une dizaine d’entre elles ont montré un intérêt pour ce dispositif.

3 mesures essentielles

L’entretien des zones concernées, la réouverture de zones humides enfrichées et la conversion de parcelles cultivées en zone humide permanente sont les trois mesures principales de ce PSE. Au Gaec des Landes Celtes, les pratiques ne changeront pas particulièrement, « nous sommes en phase avec ces sujets ». Pour Charlotte Quenard, en charge des questions climat à la Chambre d’agriculture, « d’autres exploitations agricoles n’ont pas ce degré de maturité. Ce PSE leur permettra de franchir une marche ». Les tourbières et leur gestion sont « un enjeu mondial », poursuit-elle. « Cette accumulation de débris végétaux, sans oxygène, stocke du carbone. Un tiers du stock mondial de carbone dans des terres émergées se trouve dans ces tourbières ». En plus de cette propriété d’emmagasiner cet élément, les tourbières « retiennent l’eau et jouent un rôle de filtre, ce qui contribue à la qualité de l’eau. Même si ce n’est plus le cas en France, certains pays continuent à extraire la tourbe pour de l’horticulture, ou drainent des parcelles en vue de les cultiver. L’effet est inverse, car de fortes émissions de CO2 sont alors libérées », conclut-elle.

Fanch Paranthoën


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article