La révision du Sage Vilaine reportée

Le bras de fer continue à propos du Sage Vilaine. La dernière réunion de la Cle à Pont-Péan (35) n’a abouti à aucune décision. Les syndicats agricoles et des associations environnementales s’étaient mobilisés.

Des personnes manifestent devant une mairie - Illustration La révision du Sage Vilaine reportée
De nombreux gendarmes ont séparé les manifestants des deux bords. | © Paysan Breton

Lors de la réunion de la Cle (Commission locale de l’eau) qui s’est tenue à huis clos le 13 mars à Pont-Péan, les syndicats agricoles et différentes associations environnementales ont confronté leurs points de vue à l’extérieur des bâtiments. La présence de nombreux gendarmes a permis d’éviter que le ton ne monte trop haut.

« Les agriculteurs n’ont pas été entendus »

« Nous nous félicitons qu’aucune décision n’ait été actée », soulignent les FRSEA et JA concernés. « La sagesse collective » a prévalu, « en empêchant une validation précipitée » du texte. « La réécriture de certaines règles devra être reprise par les services de l’État », avant d’être présentée à nouveau devant les élus qui composeront la future Cle. « Ce n’est pas normal d’opposer les citoyens et le monde agricole. Nous exigeons une évaluation socio-économique, nous nous battrons pour le maintien de l’activité économique en zone rurale », ajoute Thierry Coué, de la FNSEA.

« Le combat continue » pour les FRSEA et JA

Les syndicats dénoncent l’envoi par le président de la Cle d’un courrier au Premier ministre, comportant « plusieurs affirmations inexactes ». « Contrairement à ce qu’écrit Michel Demolder, le travail n’a réellement duré que 2 ans et les agriculteurs ne sont pas entendus ».

Pour Joseph Martin, de la Coordination rurale, « nous devons remettre tout le monde autour de la table. Nous sommes pour limiter les transferts de phytosanitaires dans l’eau, mais nous refusons leur interdiction. Nous ne pouvons accepter un modèle qui ferait perdre des parts de marché à la France dont la balance commerciale est déjà en décroissance. » L’interdiction des drainages ou de leur renouvellement inquiète le syndicat. « Ils permettent la gestion des excès d’eau », souligne Loïc Crespin, président de la CR 44. « Nous sommes aussi pour le stockage de l’eau. »

« Dommage de revenir sur le compromis »

De leur côté, la Confédération paysanne et les associations considèrent que « la Cle est une structure démocratique ». Samuel Dugas (Conf’ 35) souligne qu’il serait « dommage de revenir sur ces travaux qui ont duré 4 ans. » « Il est vrai que cela engendre des contraintes agricoles supplémentaires à certains producteurs, mais ils doivent être accompagnés pour cela. Nous sommes tous concernés par les résidus de produits phytosanitaires dans l’eau, nous devons protéger les zones de captage. »

Agnès Cussonneau

Préserver l’eau et accompagner

Le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, regrette la « position de l’État et le blocage qu’elle provoque » qui empêche « l’aboutissement d’un compromis patiemment construit visant à concilier amélioration durable de la qualité de l’eau et accompagnement des agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques ». À la Région Bretagne, « nous défendons une ligne constante : préserver les sols et leurs capacités agronomiques, reconquérir la qualité de l’eau, accompagner l’évolution des pratiques. »


Un commentaire

  1. domin.bernier@gmail.com

    l’eau est un bien commun, elle n’appartient a personne, et toute la vie en a besoin, c’est pourquoi il est évident de garder toute sa qualité.
    la propriété de la terre est un emprunt fait aux générations futures, et chaque exploitant rural ou citadin se doit de laisser le patrimoine en bon état pour ses enfants , petits enfants et générations futures
    Ne nous trompons pas de cible, soyons vigilants contre les agrochimies qui, avec des produits imaginés pour faire la guerre, ces trusts se servent de la population pour générer leurs MEGA BENEFICES et exploiter encore mieux leurs « clients »
    Nos enfants espèrent vivre en bonne santé, prenons soins d’eux, c’est un devoir

    DB 72 ans

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