Au moment des semis de maïs, « la terre est remuée. L’odeur qui se dégage de ce travail attire les sangliers », fait observer Alain-Pierre Le Guillou, gérant de l’entreprise Evagri, spécialisée dans la fourniture de solutions aux agriculteurs. C’est pourquoi il propose à ses clients une spécialité naturelle et utilisable en agriculture biologique qui s’applique soit en enrobage de semences, soit en pulvérisation sur la périphérie des parcelles. « Cette fragrance de fleurs agit comme un parfum : c’est très tenace, l’odeur dure dans le temps ». Cet Eva’Borens agit alors comme une barrière naturelle contre cette faune sauvage, les animaux étant dérangés par une odeur forte. « Tous les ans, on se dit que les dégâts de sangliers ne pourront pas être pires l’année suivante… Or, c’est le cas ! La pire des situations concerne les parcelles de maïs implantées à côté de colza ». Au printemps, on ne peut plus rentrer dans ces champs de crucifères. Les familles de sangliers y vivent et « sortent la nuit. Il a été observé que les mères éclatent la terre pour leurs petits qui la suivent et se nourrissent derrière ». Pour bien protéger les cultures, le responsable conseille d’utiliser cette barrière dès que les semis ont été effectués, dans le cas d’une pulvérisation. Conditionnée dans une bouteille en aluminium, cette solution élaborée en France « se conserve d’une année sur l’autre ».
Préparer ses semis
Sur la commune du Bodéo (22), comme dans beaucoup d’autres en région Bretagne, les sangliers occasionnent des dégâts considérables sur les cultures. Nicolas Raymond déclare les dégradations observées à la société de chasse tous les ans. En prévention, il sème des graines de maïs enrobées de ce répulsif depuis environ 5 ans. « Je ne fais enrober qu’une dose sur 2. Une année de forte infestation de sangliers, j’ai remarqué qu’un rang sur 2 avait été fouillé : il s’agissait des rangs de semences non traitées ».
Une odeur qui tient dans le temps
Les prochains chantiers d’implantation de maïs sont programmés d’ici à une semaine, le Costarmoricain va semer 25 ha. Le traitement de ses semences a été effectué il y a 15 jours. « Je peux aussi choisir des graines déjà traitées en usine, c’est un gain de temps ». Enfin, l’agriculteur fait observer que cet enrobage supplémentaire « ne joue absolument pas sur la levée, toutes les plantes pointent en même temps ».
Fanch Paranthoën
Travailler avec les sociétés de chasse
« Il faut travailler de concert avec les sociétés de chasse, j’essaie de mon côté de les aider : dès que j’observe un passage de sanglier, je prends une photo, une battue est organisée. C’est du donnant-donnant. Faire du préventif, c’est éviter aux sociétés de payer les indemnités, c’est pour nous moins de déclarations, moins de temps administratif », explique Nicolas Raymond.

