Cultures

L’horticulture, sans chiffre d’affaires depuis 8 semaines

Les mesures de confinement sont catastrophiques pour les horticulteurs qui ont vu leurs débouchés se fermer. Une partie de la marchandise doit être détruite, un crève-cœur pour les producteurs qui appellent à acheter français.

À l’arrêt depuis maintenant 8 semaines, les filières horticoles sont à l’asphyxie. Les producteurs de plantes fleuries, de pépinière ou de fleurs coupées sont contraints et forcés de jeter une grosse partie de leur production. Si certaines références peuvent être reconditionnées pour des ventes en plus gros litrage à la prochaine saison, « nous continuons à arroser, tailler tout en gardant une partie de notre personnel. Les frais se prolongent sans générer de chiffre d’affaires », se désole Mickaël Moal, président du pôle horticole de Kerisnel, branche dédiée aux cultures ornementales de la Sica de Saint-Pol-de-Léon (29). Le rempotage de plants est une solution qui repousse la mise en marché des végétaux, mais ce marché « risque d’être bouché la saison prochaine ».
Pour la campagne 2020, l’ensemble des producteurs de Kerisnel s’apprêtaient à générer un chiffre d’affaires de 40 millions €. « Nous avons déjà jeté plus de 3 millions € de marchandise », chiffre le président. Une perte sèche qui vient s’ajouter à un marché ultra-concurrentiel : « Le marché cherche toujours le moins-disant, tiré par des négociants hollandais ».

S’approvisionner sur le marché français

« L’État peut nous aider », insiste de son côté Christian Bardoul, directeur de Kerisnel, en « favorisant les achats de Fleurs de France. Les donneurs d’ordre publics et parapublics devraient donner le tempo ». Le département du Loiret a récemment pris une décision dans ce sens, « en achetant 500  000 € de plantes fleuries françaises ».
Dans sa globalité, le marché horticole français pèse 7 milliards €, « en étant déficitaire de 870 millions € », chiffre Mickaël Moal. Ces fortes importations illustrent le volume de marchandise acheté à l’étranger.

« On veut faire en sorte que les producteurs vivent de leur métier », note le directeur, qui ne se veut en aucun cas protectionniste. « Sur une facture globale, la part achat matière première de plantes chez un paysagiste ou pour un donneur d’ordre ne représente que 9 à 10 % du montant total ». Les producteurs ont aussi de forts arguments à mettre en avant, comme des gammes plus larges, des rapidités de livraison avec des palettisations répondant à la demande, des végétaux adaptés au terroir.
À ce jour, aucune visibilité pour la filière. « C’est l’inconnu », résume Christian Bardoul. Les entreprises horticoles françaises sont à ce jour 3 000, générant 18 000 emplois.

Dans l’attente de mesures
« Nous ne touchons aucune aide de l’État ou de l’Europe, nous ne bénéficions pas d’aides Pac », rappelle Mickaël Moal. Si des décisions peuvent être prises dans les semaines à venir, « cela se jouera au niveau européen », espère l’horticulteur.
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