Bien installé, bien rémunéré

sebastien-louzaouen-jeune-agriculteur-installation-revenu-crise - Illustration Bien installé, bien rémunéré

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs du Finistère appelle à plus de raison dans le montant des transactions des exploitations agricoles, pour éviter de dégrader rapidement le revenu d’un jeune à son installation.

« La retraite de l’exploitant doit se faire sur le revenu de la carrière, pas sur la vente de son exploitation », pense Sébastien Louzaouen, président des Jeunes Agriculteurs du Finistère. Pour lui, les temps ont changé, les pratiques doivent suivre le même chemin. « Les Trente Glorieuses sont derrière nous. Il faut désormais avoir en tête des chiffres clés pour ne pas se lancer avec un projet qui a du plomb dans l’aile ». La conjoncture actuelle des prix payés en production laitière doit intégrer les fluctuations connues, au risque de miser sur une « exploitation surévaluée, qui ne dégage pas un Smic. Qui va investir dans de tels outils ? Le risque est de voir partir les fermes à l’agrandissement d’autres exploitations, au détriment d’une installation ».

Attirer les jeunes

Pour attirer des jeunes vers le métier de producteur, l’attrait de la rémunération doit être important. « La valeur patrimoniale, qui définit le prix de vente, ne devrait plus exister. Quelle est cette valeur, comment la définir ? Il faut être pragmatique dans l’évaluation des prix, sous peine d’envoyer le jeune au casse-pipe. La valeur de la reprise mérite d’être approchée sous l’angle de la sécurisation du revenu, avec un prix prévisionnel payé au producteur de 300 € / 1 000 litres, pour subvenir aux coups durs ». Une prudence qui autoriserait une marge plus sécurisée, en estimant la valeur d’un bien non pas par rapport à son patrimoine, mais par le revenu dégagé par l’activité de production.

Informer le cédant

Pour le président du syndicat, l’offre en conseil est complète, par le biais du travail de la Chambre d’agriculture, des banques et des centres comptables lors de l’installation d’un jeune. « Il faut cependant veiller à bien conseiller l’acheteur, sans toujours privilégier le cédant. Le fait de comprendre les stocks de fourrage dans le prix de vente est déjà un coup de pouce. Il faut que les organisations de conseil s’emparent du sujet. Les jeunes installés connaissent une crise dans leur profession depuis le début de leur activité, or le prix d’achat des exploitations est un levier de décision local, qui ne demande aucun effort aux pouvoirs publics. Pour un nouvel installé, il est difficile de prévoir le montant de cash nécessaire pour passer les crises, et ce n’est que quand l’activité est démarrée qu’on connaît cette somme ». Une reprise au juste prix dégage de la trésorerie utilisable en cas de coup dur. Fanch Paranthoën


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