Mettre les vaches dans les meilleures conditions

À Mespaul (29), les frères Saluden présenteront, jeudi 25 juin, leur réflexion et leurs choix techniques autour de l’extension de leur étable. À l’arrivée, des gains en confort pour les animaux et en organisation du travail.

Une étable abritant des vaches laitières de race Holstein - Illustration Mettre les vaches dans les meilleures conditions
L'extension neuve abrite une table d'alimentation double pour les taries (à gauche) et les vaches en production | © Paysan Breton - T. Dagorn

Pour l’assemblée générale de Holstein Finistère, jeudi 25 juin, le Gaec de Kerguelvez à Mespaul (29) ouvre ses portes en grand. À découvrir un bloc traite (2×16 TPA) de 2020 indépendant de l’étable et la récente extension de bâtiment mûrement réfléchie. « Quand nous avons démarré dans la nouvelle salle de traite, grâce à son débit, nous avons économisé en temps de travail et les animaux du temps d’attente. Nous plafonnions à 32 kg de lait/VL/jour, aussitôt nous avons gagné 2 kg… », se rappelle Jean-François Saluden. Cela a mis la puce à l’oreille : « En apportant ce confort, la génétique maison travaillée depuis 1984 s’exprimait un peu mieux. » Autre indice : « Quand le troupeau sortait pâturer, cela libérait les énergies, ce qui se voyait dans le tank. Il y avait un potentiel qu’on touchait du doigt. »

Vue de la fosse sur caillebotis plastique d'une salle de traite dans un élevage laitier
Aperçu depuis la fosse de l’installation de traite 2×16 postes TPA inaugurée en 2020

La ventilation remise en question

Les associés se sont alors demandé comment utiliser l’espace libéré par le déplacement de la traite en montant une nouvelle tranche de bâtiment pour « répondre aux besoins tout en valorisant l’existant qui avait ses contraintes ». Des besoins bien identifiés : ajouter quelques places de logettes, augmenter la longueur d’auge (2×40 m pour 140 vaches auparavant), améliorer la ventilation d’un édifice bas de plafond et plutôt fermé, créer des cases pour les taries…

Accolée à l’ancienne partie, l’extension abrite une table d’alimentation double : d’un côté, les taries, et de l’autre 40 m d’auge en plus pour les vaches en production ainsi qu’une ligne de logettes supplémentaire. « Le lay off ou période sèche est une phase clé dans la bibliographie étrangère. Une nutrition bien menée rend la lactation plus facile, mais le confort compte beaucoup aussi », rappelle Jean-François Saluden. Les neuf cases créées permettent de rationaliser le travail : « On y loge les taries, mais aussi les génisses à l’IA ou les vaches en préparation au concours… »

Cette partie nouvelle est haute. Sur l’ensemble désormais très large, des écailles ont été créées en toiture entre les trois chapelles (dont deux anciennes) en enlevant des bardages intermédiaires et en déportant les toits pour protéger l’intérieur des intempéries. « Après la dépose de filets et bardages, nous avons gardé beaucoup de surfaces ouvertes. À l’usage, nous verrons ce qu’on referme. » Un rideau motorisé est prévu au sud. À l’est, du translucide perforé, « facile à monter », apporte de la clarté. Le coup de chaud de mai a fait réfléchir : « Nous allons obscurcir les translucides en toiture et monter trois brasseurs à pales dans la chapelle centrale. »

Une camionnette garée devant un bâtiment bardé de matière translucide dans un élevage laitier
Du translucide perforé Perfolux ferme le haut du pignon à l’est de la nouvelle extension

Tapis au sol

Les associés en ont profité pour couvrir les aires d’exercice de tapis et éliminer des cases d’isolement pour ne plus avoir de « couloirs borgnes ». Grâce au sol stable et au retrait des culs-de-sac où les dominées se faisaient « shooter », il n’y a plus d’accident. « De la sérénité en plus pour nous. »

Fini les culs-de-sac dans l’étable

Avec désormais 168 places de cornadis, 120 logettes rénovées et 30 places en aire paillée dans une enceinte mieux ventilée, « les vaches sont dans les meilleures conditions ». Le troupeau tourne aujourd’hui à 41 kg de lait/VL/jour et produit 2,2 millions de litres par campagne. « Assurer durablement les volumes de lait passe par la modernisation des ateliers », termine Jean-François Saluden.

Toma Dagorn

Séduits par la séparation de phase

« Les travaux ont aussi été l’occasion d’abandonner notre système très fumier pour quelque chose de moins chronophage sans perdre le confort des animaux », rapporte Jean-François Saluden. Des matelas épais ont été ajoutés aux logettes, agrémentés de paille désormais broyée. Des racleurs à corde installés passent 14 fois par jour. Et 50 000 € ont été investis dans un système de séparation de phase. « Nous conservons une partie solide qui se stocke facilement. Nous obtenons une phase liquide stockée sur place et transférée l’hiver vers d’anciennes fosses de porcherie sur des îlots de parcelles où se déroulent les épandages au printemps. »


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