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Lisier ou fumier ?

Le type d’effluents est l’élément le plus déterminant dans le choix de construction d’un bâtiment, selon les techniciens de BCELO. Avant le lieu d’implantation, le mode de traite et d’alimentation.

Une vache produit 50 à 60 kg de bouses par jour, ce qui représente 1 750 tonnes pour un troupeau de 80 laitières chaque année. Un volume qu’il convient de gérer, sous forme de lisiers, raclés ou accumulés sous caillebotis, ou encore sous forme de fumiers plus ou moins compacts. « Le temps de travail varie selon le système choisi », prévient Niels Samson, technicien BCELO, intervenant lors d’une journée technique sur le bâtiment, à Questembert. « Le temps de raclage (automatisé) équivaut, pour un éleveur, à environ 10 minutes (min) par jour en système lisier, 20 min en système fumier. Sans automatisation, il grimpe respectivement à 30 min et 60 min  ». Le confort des animaux dépend également du système retenu. « Équipées de matelas ou sablées, les logettes sont confortables. En aire paillée, il faut un minimum de 5 kg de paille par vache et par jour… ».

NIELS SAMSON, Technicien BCELO
NIELS SAMSON, Technicien BCELO

Le coût de l’investissement varie en fonction du choix : « une fosse en béton revient à 50 €/vache/an environ (calcul avec un amortissement sur 15 ans). Dans le cas de la paille, il faut, en plus de la fosse, prendre en compte le coût d’une fumière, soit 50 € supplémentaires par vache/an ». Le coût de fonctionnement (litière, raclage, épandage, main-d’œuvre) diffère également : 129 €/place/an pour un système lisier contre 248 €/place en système paille. « Au delà de l’aspect financier, il faut tenir compte des intérêts agronomique et réglementaire (zones urbanisées) favorables aux fumiers. L’essentiel est d’éviter les fumiers mous, pas faciles à transporter et qui supposent des besoins de stockage plus importants ».

Les systèmes d’alimentation évoluent

Pour certains éleveurs, le lieu d’implantation du bâtiment est l’élément le plus déterminant : « L’accès au pâturage devient un élément primordial, compte tenu du discours ambiant (demande sociétale) ». Le système logettes lisier est le moins cher mais combien de temps sera-t-il autorisé ? « Il faut, au moins, prévoir une possible sortie des vaches au champ », prévient l’un d’entre eux. En rénovation ou en construction, les questions à se poser concernent la circulation autour du bâtiment, l’organisation silo-auge, le positionnement de la laiterie et de la nurserie. « La traite est la cause principale des troubles musculo-squelettiques. C’est souvent la motivation du choix d’une traite robotisée », reprend Niels Samson. Le coût de l’installation, la présence ou non de main-d’œuvre ou encore le pâturage conditionnent les choix à ce niveau.

Les systèmes d’alimentation évoluent également. « En rénovation, on voit de plus en plus de systèmes libre-service (2,5 vaches/place à l’auge) qui permettent de gagner de la place : pousse fourrage, double weelink ou double Pow cow (cornadis mobiles des deux côtés de la table d’alimentation avec fourrage placé au centre) ou encore une auge centrale avec un tapis roulant au milieu (le fourrage est déversé dans une trémie à une extrémité) ». Dans tous les cas, « une vache ne sera rentable que si elle peut se reposer dans un endroit propre avec un accès facile à l’eau et à l’alimentation, sur un sol non glissant… ».

Protéger les aliments des contaminations

Le risque sanitaire augmente avec la taille des troupeaux. Tout doit être fait pour assurer la biosécurité interne du site, en s’inspirant des élevages hors-sol (entrée unique pour les intervenants extérieurs, lave-bottes avec désinfection, tenues spécifiques…). Sur le site d’élevage, la marche en avant doit être respectée ; il faut éviter les croisements entre les circuits d’alimentation et celui des effluents. Les entérobactéries (salmonelles) peuvent être transportées via les roues de tracteur ou sous les bottes des éleveurs. Le site d’équarrissage doit être fixe, fléché et géolocalisable (pour les remplaçants en été, par exemple).

Les veaux doivent être logés à l’écart des adultes. Les aliments doivent être protégés. Un élevage a perdu 75 vaches sur 83 à cause d’une contamination de granulés stockés sous un hangar. Ce concentré a été mélangé à du maïs en mélangeuse et a contaminé l’ensemble du troupeau (botulisme). Idem pour un lot de taurillons morts en raison de la présence d’un cadavre de chat dans un silo de céréales non couvert. L’eau doit être de qualité : 90 % des 4 500 prélèvements réalisés sont conformes.Félix Mahé, GDS

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