Remettre le cheptel sur les rails à l’installation

À Guern (56), Martin Trolle et Hortense Le Berrigo ont tout remis à plat à leur arrivée en s’appuyant sur des « conseillers de confiance ».

Un jeune homme et une jeune femme portant un bonnet dans une étable pour vaches laitières - Illustration Remettre le cheptel sur les rails à l’installation
Martin Trolle et Hortense Le Berrigo ont présenté leur élevage lors d'un Club nutrition Eureden. | © Paysan Breton - T. Dagorn

En novembre 2023, Martin Trolle et Hortense Le Berrigo étaient sur le point de reprendre une exploitation (70 vaches en traite robotisée, 150 ha) après tiers dans le Pas-de-Calais. Mais les inondations sont passées par là. « Deux fois en une semaine, l’eau est entrée dans la ferme et la maison d’habitation. Sous compromis d’achat, à dix jours de passer chez le notaire, nous nous sommes rétractés grâce à la clause catastrophe naturelle… » Les jeunes voulaient rebondir vite mais il n’y avait « aucune perspective » dans cette région au foncier cher.

Les boiteries ne sont plus un sujet

Parage et pédiluve réguliers

À Noël, comme un cadeau, le couple repère une annonce en ligne : une exploitation de 200 ha avec tout le matériel de cultures (Martin veut réaliser le maximum d’interventions) et 100 vaches laitières. « Une ferme pour deux fois moins cher que la première », sourit Hortense. Eux qui devaient s’enraciner dans la région de Martin déménagent vers le Morbihan de la jeune femme.

« À notre arrivée, en novembre 2024, il y avait énormément de boiteries. Un an plus tard, ce n’était plus vraiment un sujet », explique l’éleveuse. Un plan d’actions a été mis en place. Claude Juif, le pareur, passe une fois par mois. De son côté, Hortense réalise un pédiluve hebdomadaire. « Les bacs de désinfectant sont posés une traite dans les couloirs de retour. » En parallèle, l’ambiance de l’étable a été travaillée. « La dépose du bardage a amélioré la ventilation. » Les 102 logettes sont également moins humides grâce à une paille plus fine et un asséchant bactérien une fois par semaine (Solusafe+ de Kersia aussi disposé en pédiluve sec au Dac). « En phase de reprise, nous avons cherché des solutions peu onéreuses mais efficaces. »

Si la ration va, tout va

Régler les problèmes de pattes a favorisé l’expression des chaleurs et l’accès à l’auge et à l’eau. « Nous avons rajouté des points d’eau en installant des abreuvoirs de 150 L équipés de bonde. Maniaque sur la question, je passe avec brosse et lavette, c’est toujours propre. » Surtout, Benjamin Delacroix, nutritionniste chez Eureden, passe une fois par mois. « Il a ré-équilibré la ration qui manquait d’énergie. Sur ces conseils, une partie du maïs a été récoltée en ensilage grain humide, une autre en grains séchés à la coop et récupérés en farine. » En un an, le niveau d’étable a grimpé de 10 L par vache par jour, rapportent les éleveurs. « Aujourd’hui, nous commercialisons 1,4 million de litres de lait avec 110 vaches à 37 L… »

Toma Dagorn

Des métrites devenues rares

Depuis février 2025, Grégory Pons passe tous les mois en suivi de la reproduction. « Chez les fraîches vêlées, je vérifie l’involution utérine, l’état corporel, les aplombs… » La mesure des corps cétoniques est systématisée. « Avant le recalage de la ration, il y avait une forte incidence des métrites et endométrites. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus de cas à soigner et le recours aux antibiotiques a chuté », rapporte le vétérinaire. « Et une fois qu’on s’est assurés d’une bonne santé utérine et métabolique, on peut démarrer l’insémination dès 35 jours après vêlage. »


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