Pour se former aux métiers de l’élevage, Nathan Rosselin, aujourd’hui inséminateur, a débuté par un Bac pro CGEA aux Vergers à Dol-de-Bretagne (35). « En filière professionnelle, l’approche axée sur les différentes techniques et le terrain me convenait. Il y avait pas mal de stages qui sont très formateurs. » Pour son premier stage justement, il est parti en éclaireur, pendant six semaines, sur une ferme en traite robotisée. « L’occasion d’observer alors que ma famille réfléchissait à automatiser. »
Voir différents systèmes
L’étudiant a ensuite poursuivi par un BTS Acse à la Ville Davy à Quessoy (22). « Là, on apprend davantage comment gérer une exploitation en abordant les enjeux économiques, environnementaux et même sociaux. Nous effectuions beaucoup de visites d’exploitations en faisant ressortir les points forts et points faibles. Nous jouions avec les chiffres. C’est primordial pour un agriculteur d’avoir cette maîtrise. » Avec le recul, le Costarmoricain a apprécié « s’ouvrir l’esprit » en découvrant toutes sortes de systèmes pendant ces années d’école. « Des approches extensives et herbagères jusqu’à des stratégies plus intensives et productives. »
Il y a toujours quelque chose à apprendre
Après avoir obtenu son BTS en juin 2021, Nathan Rosselin est entré sur le marché du travail. « J’ai toujours été intéressé par la génétique : choisir les taureaux à la maison, participer aux comices avec les copains et ma famille, suivre les concours du Space et de Paris… Alors j’ai contacté le technicien Innoval qui passait chez moi. » Rapidement, on lui a proposé de devenir inséminateur. Le préalable étant d’obtenir le Certificat d’aptitude aux fonctions de technicien d’insémination (Cafti). « La formation dure trois mois. La partie théorique se déroule à Tours où on entre dans toutes les subtilités du cycle hormonal de la vache. Côté pratique, on apprend le geste de l’insémination. Des enseignements précieux qui me servent tous les jours. »

S’aguerrir puis s’installer
Cafti en poche, Nathan Rosselin a aussitôt démarré à l’agence de Dinan, près de chez lui. Aujourd’hui, à 24 ans et avec plus de trois années d’expérience, il se sent « épanoui » dans son métier d’inséminateur-échographe. « Je passe sur les fermes de mon secteur presque tous les jours. J’aime la relation avec les éleveurs. Leur confiance est gratifiante. » Il ne s’ennuie pas, l’activité est variée : insémination, échographie, prélèvement de cartilages pour le génotypage, plans d’accouplement… « L’échographie est un peu la finalité. Un moment intéressant où je vois si j’ai bien travaillé à l’IA et un temps d’échange avec l’éleveur qui est en général présent », sourit le jeune homme. « Et puis, il y a toujours quelque chose à apprendre. Dernièrement, je me suis formé au sexage et je commence à le réaliser sur le terrain. » Nathan Rosselin apprécie aussi « l’autonomie » dans ce métier. Pour autant, il garde en tête son projet final : « À plus ou moins long terme, je m’installerai éleveur. Depuis tout petit, c’est mon objectif. » En attendant, il se sent à la bonne place : « Partout, j’observe différentes manières de faire qui doivent m’inspirer pour mes choix futurs. »
Toma Dagorn
La FCO a impacté le travail
« En temps normal, je visite 20 fermes par jour. » Mais la FCO a bouleversé les habitudes. « D’août à novembre, j’ai plutôt vu 30 fermes par jour avec beaucoup plus de vaches à inséminer. » L’explosion de la mortalité embryonnaire et des avortements a aussi bousculé les pratiques d’échographie. « En général, on réalise des constats de gestation à 40 et 80 jours après IA. Dès la fin de l’été, on a pu contrôler à 200 jours pour éviter que des vaches vides ne soient taries. » Il manque des génisses dans les campagnes. « Justes en renouvellement, certains cherchent des vaches. » Les stratégies évoluent. « On a beaucoup dit qu’élever des génisses coûtait cher mais la FCO a fait bouger les lignes. Les éleveurs ont besoin de femelles et veulent une marge de sécurité. Je pose ainsi davantage de semence sexée qu’auparavant. »

