Une communication très classe

Des groupes d’enfants réalisent un parcours parmi 25 ateliers conçus avec pédagogie pour aborder différentes facettes de l’agriculture. - Illustration Une communication très classe
Les groupes d’enfants étaient invités à réaliser un parcours parmi 25 ateliers conçus avec pédagogie pour aborder différentes facettes de l’agriculture.

>Devant le stand de reconnaissance des légumes, Pierre hésite quelque peu. S’il a identifié sans peine poivron, feuille de chêne, courgette et autres betteraves rouges, cet élève de CM1 a un doute concernant deux des étiquettes à attribuer, le chou-rave et la courge butternut. Puis, comme par magie, la mémoire lui revient. « J’ai mangé de la soupe de butternut chez ma mamie, c’est le légume en forme de poire ! »

Nous avons d’excellents retours de la part des enseignants

En cette belle journée ensoleillée de juin, la ferme de la famille Chesnais à Piré-Chancé (lire par ailleurs) revêt des allures de cour d’école. Quelque 25 ateliers pédagogiques animés par des bénévoles sont répartis sur l’exploitation. Les groupes d’enfants butinent de l’un à l’autre. L’alimentation des vaches, la traite, la vie des sols, le matériel agricole, les effluents organiques, l’intérêt des haies… Le programme proposé est des plus complets avec une approche adaptée au jeune public. Pour expliquer le rôle des bandes enherbées, deux agriculteurs présentent ainsi un plan incliné sur lequel s’écoule un filet d’eau. Mais celui-ci ne franchit pas la barrière d’éponges qui symbolise la bande enherbée implantée en contrebas de la parcelle, en bordure du ruisseau. « Quand vous serez dans le car pour rentrer à l’école, regardez par la fenêtre. Dans le champ de maïs, vous verrez des bandes enherbées qui serpentent le long du cours d’eau ».

Plus de 10 000 enfants accueillis

Lancée en 2002, la journée des enfants des Terriales est une institution dans le pays de Châteaugiron (35). « L’association, qui organise le comice agricole tous les quatre ans, propose parallèlement chaque année une journée à destination des scolaires, explique Louis Hubert, son président. L’opération s’adresse aux élèves des classes de CM1 et CM2 scolarisés dans les établissements de la communauté de communes et des environs. Tout est pris en charge par les Terriales, un car vient chercher les enfants à l’école et les ramène à l’issue de la visite. Nous avons d’excellents retours de la part des enseignants. Au total, plus de 10 000 scolaires ont déjà ainsi pu découvrir l’agriculture ».

Cette année, entre les groupes du matin et de l’après-midi, « ce sont quelque 550 jeunes supplémentaires qui ont rencontré et échangé avec des agriculteurs, souligne Jean-Marc Deshommes, président du Groupement d’étude et de développement agricole du canton de Châteaugiron et secrétaire général des Terriales. Près de 80 agricultrices et agriculteurs sont mobilisés pour l’organisation de cette journée qui est l’occasion de rappeler que, derrière les produits, il y a des gens. Les agriculteurs sont les mieux placés pour parler de leur métier, ils ont plaisir à partager leur quotidien. Depuis quelques années, nous mettons aussi en avant tous les efforts réalisés en matière d’environnement : recyclage des déchets agricoles, entretien des haies, implantation de bandes enherbées ». Histoire de semer de petites graines qui pourront germer plus tard dans les esprits.

Jean-Yves Nicolas

Renouer le lien avec l’agriculture

Hôte de cette édition 2024 de la journée des enfants des Terriales, La Ferme des Chesnais, à Piré-Chancé, regroupe un atelier lait bio de 60 vaches laitières, 4 poulaillers de 400 m² (poulets de Janzé) et une centaine d’hectares de cultures. Pour Martial Chesnais, qui a rejoint en 2022 son aîné Jean-Jacques et sa mère Jacqueline au sein du Gaec familial, accueillir cette opération correspond à une volonté de s’impliquer localement. Alors, lorsqu’il a su que Les Terriales recherchaient une exploitation sur la commune de Piré-Chancé, il n’a guère hésité. Le jeune agriculteur, qui est également administrateur de la Caisse locale du Crédit Mutuel de Bretagne de Janzé-Piré, voit dans cette initiative l’opportunité, à travers les enfants, de renouer le lien avec l’agriculture. « Dans les groupes accueillis, il y a très peu de filles et fils d’agriculteurs. Pour la plupart, c’est une vraie découverte de l’agriculture et de sa diversité ». Un premier contact qui permet de diffuser une image valorisante de l’agriculture. Et qui, peut-être, suscitera des vocations.


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