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Des écarts technico-économiques importants en jeunes bovins

Les marges brutes en jeune bovin (JB) affichent un léger mieux sur 2017/2018. Mais le prix du maigre plombe les résultats à venir.

Avec le recul, le niveau de marge brute annuel (hors aides) moyen des producteurs reste étonnamment stable pour les 5 dernières années :
• Entre 370 et 440 €/JB à partir de veaux de 8 jours,
• Entre 280 et 330 €/JB à partir de broutards.
Au-delà de ces chiffres moyens, le tableau de dispersion ci-dessous, met en évidence les écarts de situation et performance. En engraissement, les écarts de marge brute / ha entre la moyenne et le ¼ meilleurs vont presque du simple au double. Ils s’expliquent essentiellement par la performance technique.

Deux facteurs essentiels ressortent :
• Le poids de viande produit par ha. Les meilleurs éleveurs en JB à partir de veaux sortent 760 kg / ha de plus et près de 600 kg / ha en JB issus de broutards, grâce à un nombre de jeunes bovins produits par hectare supérieur, tout en conservant un coût de concentré par JB équivalent.
• La valorisation des carcasses. Les meilleurs commercialisent des animaux un peu plus lourds et mieux rémunérés.

Dans les ateliers JB à partir de broutards, les meilleurs ont un coût de concentrés semblable par animal. Mais au total, le coût alimentaire (concentrés + fourrages) est inférieur de 10 cts / kg vif produit. La rentabilité de ce type d’atelier dépend à la fois des performances techniques et des rendements fourragers.  La marge se construit aussi dès l’achat du maigre. Au-delà de l’actualité et son lot de messages souvent contradictoires, il convient de rester serein et de s’appuyer sur une bonne connaissance de ces marchés variables et saisonniers.

Les écarts sur le prix du maigre représentent 13 € / animal, soit 9 cts €/ kg vif acheté. La conjoncture du moment et le contexte climatique peuvent justifier des arbitrages sur les achats ou ventes d’animaux. Par exemple, plus ou moins 50 € d’achat du broutard correspond à 11 cts de coût / kg carcasse.

Une conjoncture liée à l’export
La production de jeunes bovins est soumise aux aléas des marchés export, vers les pays méditerranéens de l’Union Européenne (UE) et pays tiers.

• Taurillons de race à viande : baisse des cours en 2018, du mieux début 2019. Pour ces mâles, essentiellement destinés à l’export, la bonne tenue des exportations en 2018 n’a pas suffi à soutenir les cours, dans un marché encombré par des effectifs étoffés. Alors que les exportations se sont repliées de 3 % vers l’Italie, premier importateur de viande française, la progression vers d’autres destinations en UE, notamment la Grèce (+3 %) et les Pays-Bas (+15 %), a permis aux exportations de progresser de 2 % en 2018. Début 2019, l’offre plus limitée en France et sur le marché européen permet aux cours de se redresser.

• Taurillons de race laitière : remontée des cours par rapport au bas niveau 2017. Le nombre de jeunes bovins laitiers abattus continue de diminuer. Le déclin de l’engraissement des veaux laitiers se poursuit. Les cours profitent timidement de la baisse de l’offre.

• Broutards : l’offre limitée soutient les cours. Les cours des broutards français ont augmenté en 2018, en raison d’une offre limitée, et ceci malgré la baisse des exports de 4 % par rapport à 2017. Les exportations de femelles continuent, quant à elles, de progresser.

Luc Mangelinck/Cerfrance Brocéliande

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