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Les Français confinés demandent de la viande nationale

Le confinement généralisé en Europe bouscule le marché de la viande bovine. L’accroissement attendu des réformes laitières en France inquiète les filières allaitantes.

La semaine dernière, comme le montrent les indicateurs Normabev, les abattages se sont poursuivis en France, même si des interrogations subsistent quant à la main-d’œuvre présente dans les semaines à venir. L’absentéisme se situerait pour le moment à 10-15 %. Le manque de chauffeurs pourrait aussi poser problème.
Avec le grand ralenti sur la restauration hors foyer (certains marchés tels que les Ehpad, les prisons restent ouverts), la consommation de viande bovine à domicile par les ménages se porte davantage sur de la viande nationale et notamment celle avec une identification qualité telle que le Label Rouge. « Mais avec le développement du drive et les fermetures de rayons traditionnels, l’enjeu est que la grande distribution puisse la rendre disponible via de la mise en barquette par exemple », souligne Philippe Chotteau, responsable du département Économie de l’Institut de l’élevage.

L’alimentaire se porte bien

La viande bovine affiche par ailleurs un autre atout aujourd’hui : son regain de compétitivité quand le prix du porc augmente. « Et en France, le pouvoir d’achat se maintient pour le moment pendant cette crise et est bien orienté vers la nourriture. » L’Insee fait l’hypothèse d’une augmentation de 6 % de la consommation alimentaire sur un mois, alors qu’elle serait en forte baisse sur les autres secteurs. « La production agricole se maintient, ce qui n’est pas le cas dans les autres secteurs… »

Une des grandes interrogations concerne les vaches laitières qui pourraient arriver de manière plus importante sur le marché français. La production de lait repart à la hausse et les réformes seront difficiles à valoriser, privées de leurs créneaux RHD et export. « Des décisions devront être prises au niveau français voire européen pour stocker. L’Allemagne, la Pologne et l’Irlande, gros exportateurs de viande bovine, rencontrent de grandes difficultés. Cette situation va être un test pour voir comment se comporte le fonctionnement européen. »

L’exportation se poursuit

Même si la moitié des marchés de bovins en vif étaient fermés la semaine dernière et malgré les difficultés de contrôles aux frontières, les exportateurs continuent leurs activités. Les exportations de broutards vers l’Italie se poursuivent. « Il y a de la demande pour remplir les ateliers d’engraissement et les abattoirs continuent à tourner là-bas aussi. D’autre part, l’offre française connaît sa baisse saisonnière. Les prix des broutards ont toutefois du mal à se redresser vraiment du fait des débouchés plus faibles des aloyaux, beaucoup valorisés en RHD.»

Et après ?
Difficile de prévoir ce que sera l’après-Covid-19. « Mais on peut penser que les dépenses alimentaires, de nos jours à 18 % du budget des ménages, seront plus importantes. Les gens feront-ils autant de longs voyages ? La santé sera sans doute davantage regardée… », note Philippe Chotteau. S’agissant des accords internationaux engagés, après cette crise, les discussions ne seront sans doute plus les mêmes. En Chine, dépendante des autres pays en bovin, porc et ovin, les importations ont tendance à reprendre globalement alors que les grands exportateurs mondiaux connaissent des difficultés liées au coronavirus : confinement total au Canada, grosses villes à l’arrêt au Brésil…
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