Démission de Nicolas Hulot : quel bilan pour le monde agricole ?

nicolas-hulot-youtube-afp - Illustration Démission de Nicolas Hulot : quel bilan pour le monde agricole ?
La démission de Nicolas Hulot résulte, de l’aveu même de l’intéressé, de son échec à imposer un changement de modèle. Il découvre ainsi que la politique libérale de ce gouvernement est inconciliable avec la transformation des modèles économique et agricole en faveur d’une transition écologique !

Communiqué Coordination Rurale du 28 août 2018

Ne souhaitant plus faire figure de « caution écologique » au Président Emmanuel Macron, sa décision confirme surtout l’absence de politique agro-environnementale globale de ce gouvernement qui refuse de remettre en cause le modèle agricole dominant.

Reste que cette décision nous apparaît comme un « non-événement » pour les paysan-ne-s, tant Nicolas Hulot était devenu adepte du discours plus que des actes, et compte-tenu du peu d’avancées obtenues sur un trop grand nombre de dossiers.

Sur la question des pesticides, il n’a pas réussi à pousser en faveur d’un changement de pratiques. Ses conseillers n’ont d’ailleurs pas soutenu l’évolution de la législation sur les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), pourtant nécessaire.

Sur le grand gibier, si l’on peut saluer l’application de la pluralité syndicale dans la Commission nationale de dégâts de gibier, force est de constater que Nicolas Hulot n’a pas pris la mesure des dégâts de gros gibiers sur les cultures et de leurs conséquences pour les paysan-ne-s. C’est un abandon par l’État de sa mission de régulation de la faune sauvage.

Sur la faune sauvage toujours, Nicolas Hulot a cédé aux pressions des associations pro-ours et pro-loups. La gestion du dossier prédation est une catastrophe et l’année 2018 sera une année record en termes de disparation des troupeaux et de souffrance pour les éleveurs. Son successeur devra mettre un terme à la conditionnalité des mesures de protection et augmenter le nombre de prélèvements.

Alors que s’achève le débat sur le projet de loi EGA et que se prépare la nouvelle PAC, la Confédération paysanne continue de porter ses priorités notamment en faveur du revenu paysan, par un juste partage de la valeur créée dans les filières, et de la nécessaire transition agricole et ce, quel que soit le prochain ou la prochaine Ministre en charge de la transition écologique et solidaire.


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