Edito

C’est qui le patron ?

Si les nouvelles technologies sont l’avenir, alors l’avenir sera sculpté par les Américains. Ou plus exactement par leur conception philanthropique du progrès. Car la Silicon Valley, qui héberge le gratin des start-up innovantes de la planète, ne se contente pas d’assembler des puces électroniques pour réaliser les plus grandes prouesses technologiques. Derrière leurs projets, parfois les plus fous, figure une éthique. Une éthique guidée par les fondations et les donateurs privés qui jouent un rôle essentiel dans le financement des jeunes pousses de la côte Est.

Pour ces mécènes, il existe « une nouvelle façon de donner ». Cette charité des grands magnats de la finance est aujourd’hui relayée par les mandarins de la hi-tech sensibles à cette nouvelle « façon de servir ».
Bref, des hommes-dieux, ou du moins des hommes sensibles au bien-être de leurs pairs – sinon à leur propre salut –, travaillent à construire cet autre monde à leur image. On retrouve notamment cette philosophie dans le transhumanisme porté par les pionniers des nouvelles technologies.

Nous voilà bien loin de l’agriculture ? Pas tant que cela. Car dans cette logique d’innovation inspirée par une forme de moralité, il faut s’attendre à ce que les progrès technologiques futurs soient autant inspirés par l’éthique que par les besoins techniques. À l’exemple de l’Impossible Burger, ce steak végétarien qui ne veut pas seulement révolutionner les assiettes des consommateurs, mais aussi « améliorer la condition humaine » en allégeant la conscience de l’Homme ; car intellectuellement plus en adéquation avec le respect de l’environnement et le bien-être animal, deux valeurs fortes portées par la société du XXIe siècle… ou du moins ceux qui veulent la modeler.

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