Edito

En faire une salade

Les animaux d’élevage de la Petite-Bretagne – la nôtre – sont plus sûrs que les humains de la Grande-Bretagne d’avoir à manger tous les jours. Du moins si l’on se réfère à la production agricole locale. Les animaux bretons sont en effet nourris à 80 % d’aliments produits sur place. Mais de cela, les Britanniques s’en balancent. Comme ils se balancent de l’origine géographique des produits alimentaires qu’ils consomment eux-mêmes, comme l’a révélé la crise d’approvisionnement en salade espagnole responsable d’une pénurie dans les rayons britanniques. Mais qu’à cela ne tienne, pas question de changer de cap. Les enquêtes conduites outre-Manche confirment que la majorité de population se désintéresse de la provenance des fruits et légumes.

Pour le Britannique, le meilleur endroit pour faire son marché, c’est le grand marché du libre-échange. Il garantit un approvisionnement varié, toute l’année, à des prix imbattables. Le phénomène n’est pas nouveau puisque le pays n’est plus autosuffisant depuis 1780. Les choses ont un peu changé avec l’entrée du pays dans la CEE en 1973. Mais depuis 25 ans, la souveraineté alimentaire du pays s’étiole à nouveau. Dans ce pays très tôt industrialisé, l’agriculture n’est plus prioritaire ; les lobbies de défense du bien-être animal lui ayant donné un dernier coup de sape dans les années 90.

Pour un agriculteur breton, cette politique alimentaire de dépendance est tout simplement inconcevable. Produire sur place, ce qui est bon pour soi et pour les autres est pour lui un acte noble. C’est tout le sens de l’agriculture bretonne qui cherche à faire reconnaître la qualité de son travail et de ses produits. On ne peut qu’encourager cette conviction qui un jour portera ses fruits.

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