Edito

Garder la raison

On peut s’en réjouir, on peut le déplorer : Internet influence les façons de penser. Ou plus exactement s’infiltre insidieusement dans la construction de la pensée individuelle. Et, par contamination, participe grandement à générer cette pensée collective qui jadis était sous la férule de quelque leader d’opinion charismatique ou, plus récemment, sous le diktat d’une communication de masse bien étudiée.

Rien n’a changé, seuls les outils ont évolué. Aujourd’hui, l’opinion est largement modelée par des activistes de la toile. Ils œuvrent et manœuvrent d’autant plus facilement que trop de personnes ont perdu le sens de la réflexion et de la critique.

Comme le montrent les événements des derniers mois, l’alimentation humaine s’inscrit de plain-pied dans le champ de cette opinion construite par la toile numérique qui pénètre les foyers sans résistance. À force
de voir des images insupportables en abattoir, de contaminations de produits alimentaires, etc., le doute finit par s’installer durablement dans l’opinion. Une opinion binaire, exacerbée par l’émotion, qui veut que tout soit bon ou
tout soit mauvais.

Cette communication fondée sur la peur mérite d’être contrée par une communication adossée à la raison. Par exemple, quel citoyen n’est-il pas capable de concevoir que la lutte contre certaines mycotoxines carcirogènes peut justifier le recours à la chimie. Pierre Galtier, ancien toxicologue et coauteur du livre « Danger dans l’assiette » (2011) l’exprime simplement : « Certaines années, la production de céréales est excellente, d’autres elle l’est moins. En effet, s’il pleut beaucoup on aura tout intérêt à traiter les céréales (…). Il faut avoir un réflexe raisonné. Je crois beaucoup plus en l’agriculture raisonnée que dans le tout bio ou le tout intensif. »

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