Cultures

Désherbage du maïs, une stratégie à la parcelle

La stratégie désherbage doit être anticipée en fonction de l’historique de la parcelle. Le désherbage peut être chimique, mécanique ou les deux. La finalité est d’avoir des parcelles propres en optant pour des solutions efficaces, économiques et respectueuses de l’environnement.

Les semis de maïs vont démarrer dans les semaines à venir. Avant d’implanter la culture et d’opter pour une stratégie de désherbage, il est important de rappeler que les pratiques agronomiques peuvent constituer un bon premier désherbage. En effet, l’allongement des rotations, les faux semis ou encore la couverture permanente des sols permettent de diminuer les pressions adventices. Ensuite, dans le choix des produits, il faut privilégier autant que possible l’alternance des matières actives pour éviter de créer des résistances. La gestion des vivaces doit se faire également, et en priorité en intercultures, pour diminuer leurs présences.

Une flore en évolution

La flore évolue. Les adventices d’hier ne sont pas les adventices d’aujourd’hui ni de demain. La bonne connaissance des plantes indésirables par parcelle est primordiale afin de choisir les solutions adaptées. Parmi les dicotylédones les plus difficiles figurent entre autres les véroniques, les renouées, le fumeterre, la pensée, la mercuriale. Pour les graminées, les panics, sétaires et digitaires sont les plus difficiles à contrôler. Les rumex, liserons, laiterons ainsi que le lychnis et le chiendent sont les vivaces les plus souvent rencontrées.
Dans ce contexte, il y a malheureusement peu de nouveautés dans les solutions herbicides. Certaines anciennes matières actives sont tombées dans le domaine public, provoquant ainsi l’arrivée, sur le marché, de nombreux produits génériques (mésotrione, nicosulfuron …) avec des formulations différentes et surtout des efficacités très aléatoires.

Raisonnement à la parcelle

Plusieurs stratégies de désherbage peuvent être envisagées. Les applications de post-semis prélevée  sont les solutions les plus efficaces. Elles sont fortement recommandées en présence de véroniques et graminées estivales. Elles requièrent une bonne préparation de sol (relativement fin) ainsi qu’une humidité de celui-ci. Plus son positionnement sera proche du semis, plus le résultat sera bon.

Le Wing P à base de DMTA P et de Pendiméthaline, utilisé de 3 à 4 L/ha a un large spectre et une bonne persistance. Il s’utilise en pré-levée et jusqu’à 3 feuilles du maïs. Il est efficace sur véroniques, panics, sétaires, digitaires, pensées, fumeterres, renouées. Il est insuffisant sur crucifères et séneçons. La dose peut être modulée de 3 à 4 L/ha en fonction de la pression  adventice. Un rattrapage de post-levée sera à envisager selon la flore restante, soit par une intervention chimique soit mécanique (binage). L’Adengo est composé  d’Isoxaflutole et Thiencarbazone . Il s’emploie à la dose de 1,5 L à 2 L/ha et contrôle les véroniques,  les panics, sétaires, digitaires (PSD), renouées avec un trou sur fumeterre.

L’Isard contenant du DMTA P doit être appliqué en programme. Il permet de lutter efficacement contre les véroniques et les graminées. Solution plus économique, il nécessite une application de post-levée au stade 4-5 feuilles sur les renouées, atriplex. Le complément idéal de l’Isard est le Mondine (Foramsulfuron + Thiencarbazone). La post-levée précoce combine la prélevée et la post-levée, elle associe des produits à action racinaire et des produits foliaires. Cette solution apporte donc une certaine persistance et permet fréquemment de n’effectuer qu’un seul passage. Elle doit être réalisée au stade 2-3 feuilles du maïs. Le Camix, positionné à 2,5 L, constitue souvent la base de ce programme, associé à 2 ou 3 produits foliaires. La réussite de la post-précoce nécessite de passer au bon moment en fonction de la dynamique de levée et des conditions climatiques.

En l’absence de graminées estivales et de véroniques, on peut envisager de désherber tout en post- levée à partir de 4 à 5 feuilles du maïs. Les produits foliaires utilisés s’appliquent sur des mauvaises herbes jeunes. Plus elles sont jeunes plus elles sont faciles à détruire, on peut donc moduler les doses. Un rattrapage toujours sur adventices jeunes et à dose modulée n’est pas à exclure pour contrôler les relevées.

Le Luméo (mésotrione ), le Nisshin Prémium 6 OD  (nicosulfuron), le Manille (bromoxynil) ou le Biathlon (tritosulfuron) sont les produits de base de la post-levée . On peut également les retrouver dans les Pack Alliance 570 ou le Pack MaïsNet. Le rajout de Manivel 480 (dicamba) avant 6 feuilles du maïs améliorera l’efficacité sur vivaces.
Le Mondine (Foramsulfuron + Thiencarbazone) agit sur graminées,  renouées, fumeterres, l’atriplex et quelques vivaces ( rumex). Il est le complément idéal de l’Isard appliqué en prélevée. Il sera utilisé au stade 4-5 feuilles du maïs.

Gérer les vivaces

Les vivaces sont très difficiles à détruire. Dans les maïs, on arrive à les contrôler, mais difficilement à les éradiquer. La meilleure stratégie est d’utiliser des produits spécifiques : Manivel 480, Cadence (Dicamba) contre les rumex, liserons. Le Lontrel SG (Clopyralid) a une bonne efficacité sur laiterons. Le maïs supportant très peu la concurrence il est primordial de réussir le désherbage. Plusieurs solutions existent, il faut adapter les programmes à la flore présente. L’agronomie, le désherbage mécanique, les nouvelles technologies sont à intégrer pour répondre aux enjeux de demain.

André Yvinec – Triskalia

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