Les farmers américains soutiennent Trump

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Selon les agriculteurs américains, l’évolution de leur secteur et de leur revenu nécessite un changement. En premier lieu l’allégement des réglementations auxquelles ils sont soumis.

Quelque 55 % des 662 000 agriculteurs américains propriétaires d’au moins 200 acres de terres (81 ha) étaient favorables à Donald Trump, 18 % seulement à Hillary Clinton, selon un sondage qui avait été réalisé par l’hebdomadaire Agri-Pulse avant l’élection du 8 novembre qui a fait du candidat républicain le 45e président des États-Unis – et affolé les places financières. 86 % des exploitants interrogés n’étaient pas satisfaits de la situation globale de leur pays – contre environ 70 % de mécontents dans la population en général –, et plus de 60 % déploraient l’état général de leur secteur. Ces 662 000 citoyens n’ont pas, bien entendu, fait le résultat de l’élection. Toutefois, le vote de certains États clés et ruraux pouvait faire la différence, ce qui a été le cas de l’Ohio.

donald-trumpTrop de réglementations

Les agriculteurs américains subissent depuis 2013 un déclin constant de leur revenu agricole net et veulent donc du changement, même si, selon le média canadien La Terre, « certaines politiques de Trump, comme l’expulsion des travailleurs illégaux, pourraient nuire à plusieurs exploitations ». L’American farm bureau juge en particulier que les producteurs sont soumis à trop de réglementations, une critique partagée par le futur locataire de la Maison blanche qui s’était engagé, entre autres, à supprimer l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Les républicains ont par ailleurs remporté le Sénat et conservé le pouvoir à la Chambre des représentants, fournissant une majorité parlementaire sur laquelle le président élu pourra s’appuyer.

L’élection américaine rebat les cartes

Les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux – notamment celui en cours de négociations avec l’Union européenne – n’auront plus le soutien des États-Unis, si l’on en croit les affirmations de Donald Trump. Le nouveau président américain pourrait aussi ne pas appliquer la Cop 21, pourtant déjà ratifiée par les États-Unis.

Un lobbyiste à l’agriculture

Le lobbyiste Michael Torrey a été recruté dans l’équipe de « transition » du nouveau président des États-Unis, pour préparer la future composition du ministère de l’Agriculture américain (USDA), a révélé le New-York Times dans un article paru le 12 novembre. Selon le journal, Michael Torrey est « un lobbyiste qui dirige une société qui a gagné des millions de dollars en aidant des géants de l’agroalimentaire comme l’association américaine des boissons, ou le géant de l’industrie laitière Dean Foods ».

Le journal pointe le nombre élevé de lobbyistes dans l’équipe de transition de D. Trump, alors que celui-ci dénonçait leur forte présence à Washington pendant la campagne. Dans son édition du 14 novembre, la lettre agricole Hagstrom Report a mis en évidence les liens entre Michael Torrey et le directeur du ministère de l’Agriculture de l’Indiana, Ted McKinney, qui a soutenu D. Trump durant la campagne ce dernier fait partie des candidats pressentis pour prendre la tête de l’USDA.

Signaux d'alertes pour l’europe

Pour Xavier Beulin, président de la FNSEA, cette élection reflète un écart croissant entre les populations en difficulté et la perception par leurs gouvernants. Une situation qui caractérise l’Europe également et la France en particulier. Cette élection sonne deux alertes, selon lui : il faut davantage écouter les gens. Il faut redonner du sens aux grandes politiques publiques.

Et d’appliquer cet enseignement à l’Europe qui, depuis dix ans, indique le syndicaliste, « n’apporte véritablement que des normes supplémentaires, non de manière incitative mais de manière réglementaire, punitive. » « après les dernières élections présidentielles en Hongrie, du vote pour le Brexit », la Coordination, quant à elle, voit l’élection de D. Trump comme un signe de l’excès de libéralisme intensifiant les tensions nationalistes, dans un communiqué du 9 novembre.


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