Côtes d'Armor

La MSA donne un coup de pouce aux saisonniers dans le Trégor

Le camping de la Roche-Derrien est le point de chute de saisonniers dont les conditions d’hébergement sont spartiates.

Fin août, Jean-Louis Even, maire de La Roche-Derrien, alertait la MSA d’Armorique sur la situation des salariés saisonniers, hébergés « pour la 6e année consécutive » dans son camping municipal. Les élus MSA des cantons de Tréguier, La Roche-Derrien et Perros-Guirec, concernés par l’activité Coco de Paimpol qui emploie cette main-d’œuvre, se sont saisis du dossier. « Cons-cient de l’urgence, notre comité paritaire d’action sanitaire et sociale a débloqué un budget. Deux frigos et un lave-linge sont aujourd’hui installés à la disposition des 50 personnes logées au camping pour améliorer ponctuellement leurs conditions d’hébergement. Un souci d’humanité attestant de la préoccupation du milieu agricole pour ses saisonniers », a expliqué, mardi 13 septembre, Yves Le Rolland, président MSA du canton de Tréguier et légumier à Coatreven.

Cette situation délicate n’est pas nouvelle dans le Trégor. Territoire touristique, la région offre de nombreuses possibilités d’hébergements, inaccessibles financièrement aux saisonniers, la période de ramassage des cocos coïncidant à la pleine saison touristique. D’autant que la main-d’œuvre étrangère se substitue en partie à la traditionnelle main-d’œuvre locale, domiciliée sur place. « Par ailleurs, la législation en vigueur interdit l’hébergement sous tente chez l’employeur. Tous les ans, des dérogations sont accordées seulement aux départements au sud de la Loire. »

Des Roumains démunis

Pourtant dépourvue de producteurs de cocos, la Roche-Derrien attire inévitablement les saisonniers du fait de son camping au tarif peu élevé. « Bien qu’aux normes et situé dans un cadre verdoyant, il n’est pas adapté à un l’hébergement de travailleurs, dont les besoins sont différents de ceux de touristes campeurs », explique le maire qui ne perçoit aucun loyer mais ne veut plus voir de saisonniers dormir sur les ronds-points ou sous les abribus comme l’année dernière. D’autant des Sénégalais venus pour la saison comme les années précédentes, le lieu a vu débarquer cette année 25 personnes d’origine roumaine.

« Envoyées par une association de Quimper, elles sont arrivées totalement démunies. Dormant à même le sol sous une tonnelle de jardin… », enrage Pascal Billiou de l’association Solidaire qui s’est organisé avec Jean-Louis Even, la supérette de Pommerit-Jaudy et des particuliers pour faire des dons alimentaires et apporter une tente militaire, des matelas et des couvertures. Aujourd’hui déjà, tout le monde s’interroge sur la prochaine saison : « Quelles actions concrètes pour répondre aux besoins des saisonniers dont la présence est vitale à la production locale ? »

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